Le plan d’action du gouvernement est donc au niveau du Parlement. Parmi les points les plus importants et qui touchent directement les citoyens, il y a celui de la réforme des subventions. Un sujet épineux et qui ne risque pas de passer inaperçu. Il est ainsi préconisé de mieux cibler les catégories sociales qui devront être concernées par les subventions. Pour le moment, aucun plan précis n’a été dévoilé pour connaître les modalités d’ajustement de cette manne financière qui touche plusieurs secteurs, dont la farine et les produits énergétiques.
La crise économique étant là, et depuis des années, vraisemblablement pour encore d’autres années, il va falloir trouver des solutions pour remplir les caisses de l’Etat et dépenser moins sur ce qui peut être « non nécessaire ».
Le problème est posé, reste à penser les solutions. Comment réaliser le ciblage ? Le dossier, par son impact futur, est d’une telle importance qu’il est très important d’y associer quasiment tout le monde.
Un débat national s’impose pour voir plus clair dans ce qu’il faut faire.
Selon toute vraisemblance (jusqu’à preuve du contraire), le gouvernement aura recours à l’administration pour établir les listes des ménages démunis. Une opération appliquée auparavant dans plusieurs pays, mais dont l’environnement est loin d’être le même que celui de l’Algérie.
Face aux rares contributions à ce débat, il est bien d’en rappeler une. Elle date de trois ans et demi, depuis mars 2018. C’était à l’initiative du Think Tank Nabni, qui avait proposé à cette époque des solutions pour une réforme des subventions. Pour le collectif, la solution du ciblage via l’administration était loin d’être fiable. Nabni avait mis en avant deux alternatives. L’une d’elles est le revenu universel individuel, qui concernerait 90% de la population, en excluant les plus riches. L’autre option préconisée par le Think Tank est ce qu’il a présenté comme un ciblage progressif, qui concerne les foyers déclarant de faibles revenus.
En mettant de côté la fiabilité ou non de ses solutions, Nabni a le mérite de s’être impliqué et d’avoir voulu lancer un débat national. C’était en mars 2018 donc, trois ans et demi perdus finalement.