« En Algérie, c’est surtout la chute des prix du pétrole qui va accélérer la baisse des réserves en devises dans ce pays totalement rentier et dépendant du prix des hydrocarbures ». Cette alerte émise par une étude de banquiers français, concernant les pays de la région MENA qui devraient pâtir de l’actuelle guerre des prix du pétrole, ajoute à l’appréhension. La situation actuelle de l’économie mondiale, secouée par une pandémie sans frontières, aux conséquences encore difficiles à contenir, reste trop volatile pour pouvoir continuer sur le même schéma. La dépendance structurelle de l’économie algérienne aux hydrocarbures est en passe de devenir un véritable talon d’Achille. Un danger pour la sécurité même du pays, notamment dans la perspective d’un avenir où il n’y aura pas de place pour le faible. Il devient impératif pour l’avenir du pays de mettre en place une véritable stratégie pour se sortir rapidement de cette situation de vulnérabilité désastreuse. Lorsque les partenaires étrangers commencent même à s’inquiéter de notre sort, c’est qu’il y a véritablement péril en la demeure. L’Algérie considérée comme un pays rentier et fragile risque bien de ne pas peser dans les rapports internationaux. Au risque évidemment d’être poussée à céder sur ses propres intérêts stratégiques. La diversification de son économie est devenue aujourd’hui une nécessité absolue pour ne pas subir les contrecoups d’une géopolitique impitoyable. Aujourd’hui, l’Algérie détient les capacités humaines et naturelles pour être une puissance régionale incontournable en tirant sa force d’autres atouts que les hydrocarbures. Mais il faudrait déjà prendre conscience de ce fait et entreprendre le processus vers la sortie de la morbide dépendance. L’Algérie a longtemps été citée comme possible pays émergent. Mais cette projection plausible ne saurait se réaliser un jour sans se départir de ce boulet de la rente. Et de la dépendance à une énergie dont la valeur lui échappe complètement.