L’activité des officines est négativement impactée par la pandémie de coronavirus et de nombreux gérants de pharmacie n’hésitent pas à tirer la sonnette d’alarme sur l’avenir d’une profession fortement frappée par la crise sanitaire que traverse le pays.
Le Syndicat national algériens des pharmaciens d’officine (Snapo) a, en effet, adressé des courriers au Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, ainsi qu’au Premier ministre Abdelaziz Djerad dans lesquels, il leur fait part de «la situation économique des officines durant la période de crise sanitaire liée au coronavirus», apprend-on de sources informées.
Si au début du confinement, les officines ont vu leur activité croître, ils n’ont pas tardé cependant à connaitre comme de nombreuses professions libérales des difficultés et une baisse drastique d’activité liée directement au Covid-19, explique-t-on du côté du Snapo.
Sans évaluer l’impact, un pharmacien explique à Reporters que la situation s’est «brutalement» retournée contre les officines à travers tout le territoire national alors qu’au début de la pandémie, l’activité en question a connu plutôt une période florissante.
«Au fil du temps, la situation s’est inversée à notre dépens», regrette notre interlocuteur, ajoutant que «nombre d’officines connaissent une baisse d’activité». Ce dernier évoque en particulier la crise sanitaire que traverse le pays. Il cite à cet effet l’impact de l’arrêt de l’activité des médecins libéraux en raison du manque de moyens de protection. «Avec la suspension de l’activités des médecins, on dispense moins de médicaments», ajoute le pharmacien sous fond d’inquiétude.
Sur un autre volet, le Snapo aurait également demandé aux autorités publiques des avantages fiscaux suite aux difficultés subies depuis la crise sanitaire induite par l’apparition du coronavirus en Algérie.
«On est resté mobilisés depuis le début du coronavirus bien qu’on était confrontés aux problèmes d’autorisations de déplacements», poursuit le pharmacien. Le Snapo s’est même lancé dans des opérations de collecte de dons de grandes envergures pour les hôpitaux publics dans plusieurs wilayas. Cette organisation syndicale, faut-il le rappeler, est restée de marbre face à la loi de finance 2020 qui a institué un régime de la déclaration contrôlée pour les professions non commerciales, visant, selon l’ancien ministre de Commerce, l’amélioration du rendement et la simplification des procédures d’imposition du régime du forfait (IFU). Par contre, cette loi a été décriée par l’Union nationale des barreaux d’avocats ainsi que par l’Ordre des médecins.
L’application du régime de I’IFU «va engendrer des contraintes pratiques et légales pour les titulaires de professions libérales qui réalisent des recettes professionnelles les rendant éligibles au régime du bénéfice réel», avaient dénoncé des avocats et médecins libéraux.