Les réserves de change de l’Algérie se sont établies entre 42 et 43 milliards de dollars à fin 2020, à en croire les chiffres fournis, lundi soir, par le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, lors d’un entretien avec les représentants de deux médias nationaux.

«Je n’irai pas jusqu’à dire que nous sommes dans une situation d’aisance financière, mais nous sommes en mesure d’honorer nos engagements financiers. Il est vrai que nos réserves de change oscillent entre 42 à 43 milliards de dollars, mais nous avons réduit les importations et réalisé des recettes pétrolières de 24 milliards de dollars, en dépit de la pandémie», a soutenu Abdelmadjid Tebboune. Les réserves de change de l’Algérie ont fondu comme une neige au soleil durant l’année écoulée, chutant d’environ 20 milliards de dollars sur l’année. Le stock en devises, investies dans les banques souveraines occidentales, était de l’ordre de 62 milliards de dollars à fin janvier de l’année dernière, se contractant ainsi d’environ 20 milliards de dollars depuis la dernière situation donnée par le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, alors gouverneur de la Banque d’Algérie. «Nous sommes à 62 milliards de dollars de réserves et c’est un niveau appréciable», avait déclaré Aymen Benabderrahmane, alors gouverneur de la banque centrale à l’issue d’une réunion de concertations qui l’avait réuni avec les PDG des banques de la place. Le solde des réserves de change était déjà en nette baisse par rapport à fin avril 2019, lorsque les réserves de change du pays étaient de 72,6 milliards de dollars. A fin 2018, le stock en devises était de l’ordre de 79,88 milliards de dollars et de 97,33 milliards de dollars à fin 2017. En un laps de temps de trois années seulement, le pays a perdu plus de 54 milliards de dollars sur ses réserves. Plus grave encore, les réserves de change de l’Algérie – un des principaux indicateurs de solvabilité du pays – ont fondu de plus de 135 milliards de dollars en six années, soit de décembre 2014 à fin décembre 2020. Le solde fourni, lundi, par le chef de l’Etat, rompt avec les prévisions optimistes de son gouvernement et ses projections contenues dans la loi de finances de l’actuel exercice. La loi budgétaire de l’actuel exercice prévoyait, effectivement, une baisse des réserves de change à moins de 47 milliards de dollars en 2021, alors que ce solde a été atteint à fin 2020. Le gouvernement est allé jusqu’à prévoir une reprise progressive des réserves de change lors des deux années suivantes, alors que le solde actuel suffit à peine à couvrir 15 mois d’importations. Les projections du gouvernement tablent en effet sur une hausse à 47,53 milliards de dollars des réserves de change en 2022 et à 50,02 milliards de dollars en 2023 «grâce à l’excédent prévu pour ces deux années», avait indiqué le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane. Le gouvernement s’attend à ce que le déficit global de la balance des paiements baisse à -3,6 milliards de dollars en 2021, contre un déficit de 18 milliards de dollars prévu pour 2020 dans la loi de finances complémentaire de la même année. L’érosion ininterrompue des réserves de change est intimement liée au déficit global de la balance des paiements, lequel est dû, en grande partie, au déficit commercial qui est, à son tour, tributaire par la valeur du baril de Brent sur le marché international. Le déficit commercial dépend aussi de la valeur des importations, rapportée à celle des exportations. Pour que le déficit de la balance des paiements baisse à -3,6 milliards de dollars en 2021, le baril du Brent doit se maintenir au-dessus de 60 dollars et les importations à moins de 25 milliards de dollars. n