La crise sanitaire et ses effets multiples tendent à montrer davantage les fragilités dont souffre l’économie nationale, gardée dépendante de la rente pétrolière pendant longtemps, alors que les potentialités de son développement sont diverses.
D’où l’urgence de mettre l’attelage nécessaire devant servir d’assise pour la mise en œuvre du nouveau plan de relance socioéconomique, qui sera débattu à la mi-août prochain.
A l’évidence, l’impact négatif de la crise sanitaire est visible à plusieurs niveaux, y compris dans le secteur des hydrocarbures où la croissance est en berne et l’évolution de la situation demeure incertaine.
L’impact a été également ressenti par la monnaie nationale qui connaît désormais une dépréciation inédite, un fléchissement entamé depuis la dégringolade des marchés pétroliers mondiaux avec une incidence négative visible sur le pouvoir d’achat des ménages et la santé des entreprises.
Le ministre des Finances, fraîchement installé à ce poste, veut distiller plutôt un message d’optimisme en estimant que le recul des cours de la monnaie, en cette conjoncture exceptionnelle, a touché l’ensemble des économies dans le monde y compris celles des grandes puissances.
Mais pour le transfuge de la Banque d’Algérie, il n’y a pas plusieurs chemins pour surmonter cette chute de la monnaie nationale. Le remède passe inéluctablement par la relance de l’économie nationale, soutient-il. Une mission pour laquelle M. Benabderahmane semble avoir été investi dans le gouvernement Djerad dont la feuille de route énonce notamment l’édification d’une nouvelle économie nationale sous-tendue par la diversification des sources de croissance, l’économie du savoir, la transition énergétique et la gestion rationnelle des richesses nationales.
Par ailleurs, et au-delà de la nécessité de réunir l’assise réglementaire et l’adhésion de l’ensemble des acteurs et opérateurs, pour une véritable relance de la machine de l’économie nationale, il n’est pas moins urgent d’œuvrer à l’élimination des sources de tension que peuvent vivre de nombreux citoyens quand il s’agit de prestations publiques, comme c’est le cas actuellement dans les agences d’Algérie Poste où, crise de liquidités ou pas, le service public n’est pas assuré. Un fait qui peut être conjoncturel, mais qui aura sans doute de l’impact, du moins au niveau mental, sur l’adhésion du citoyen à l’objectif de la relance socioéconomique.