C’est un scénario pessimiste que prévoit le Fond monétaire international (FMI) pour la croissance économique dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena) en 2020.
Avec une activité plombée par le coronavirus et, par ricochet, un recul sensible de la demande mondiale de pétrole, cette région comptant plusieurs pays fortement dépendants de cette matière énergétique «va probablement connaître une forte baisse de croissance cette année», a, en effet, déclaré le directeur régional du FMI pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, Jihad Azour, dans un rapport publié hier.
Le FMI avait déjà considérablement réduit ses projections de croissance pour la région Mena, en raison de la faiblesse des prix du pétrole, des troubles politiques dans certains pays ou encore des sanctions américaines contre l’Iran. Mais «la pandémie du (nouveau) coronavirus est devenue le plus grand défi à court terme pour la région», a-t-il déclaré, citant le coup dur porté notamment à des secteurs vitaux comme le tourisme, l’hôtellerie et le commerce.
D’où le risque d’une récession prolongée, une hausse du chômage et des faillites d’entreprises qui poussent M. Azour à appeler les gouvernements du Mena à agir rapidement pour la mise en place des plans de sauvetage afin d’éviter une récession prolongée, une hausse du chômage et des faillites d’entreprises.
Sur ce registre, le gouvernement algérien est déjà passé à l’action à travers plusieurs mesures visant à contenir économiquement les dommages causés par le Covid-19, dont les dernières ont été décidées dimanche lors du Conseil des ministres.
La même responsable a souligné qu’une dizaine de pays de la région avaient déjà approché le FMI pour obtenir un soutien financier, ajoutant que l’institution se prononcerait sur ces demandes «dans les prochains jours». Il n’a pas précisé quels sont ces pays, mais l’un d’eux semble être la Tunisie, puisque le ministre tunisien des Finances, Nizar Yaïch, a annoncé hier que le Fonds allait décaisser, rapidement, une enveloppe de 400 millions de dollars en faveur de son pays pour le soutenir dans sa lutte contre la pandémie du coronavirus.
Le rapport de Jihad Azour a été publié au lendemain du compte-rendu établi par la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, prévenant contre une récession mondiale en 2020 qui pourrait être pire que celle de 2008, année de la crise financière internationale qui avait vu le PIB mondial chuter de 0,6%, alors que pour les seules économies avancées, il avait chuté de 3,16% et de 4,08% pour les pays de la zone Euro.
Au cours d’une téléconférence avec le G20, Mme Georgieva souligne, dans un communiqué, avoir prévenu les ministres des Finances et les banquiers centraux que les perspectives de croissance mondiale étaient «négatives» pour l’exercice en cours 2020 et indiqué qu’il fallait s’attendre à «une récession au moins aussi grave que pendant la crise financière mondiale, sinon pire». «Mais nous nous attendons à une reprise en 2021», a-t-elle ajouté de manière plus optimiste, soulignant que «pour y arriver, il est primordial de donner la priorité au confinement et de renforcer les systèmes de santé» partout dans le monde. La directrice du FMI soutient que l’impact économique du Covid-19 «est et sera grave», mais «plus le virus est arrêté rapidement, plus la reprise sera rapide et forte», a-t-elle également estimé.