L’une après l’autre, des entreprises du secteur public, et non des moindres, font leur bilan de crise perpétrée par la Covid-19. En effet, après Air Algérie, Tassili Air Lines Eniem, SNTF, Naftal et ENTMV, c’est au tour du Groupe services portuaires Serport de faire part de la baisse sensible de son chiffre d’affaires durant l’exercice comptable 2020. Passant ainsi de 62 milliards de DA en 2019 à 61 milliards de DA en 2020. Une tendance à la baisse révélée par le PDG de Serport, Achour Djelloul, lors de son passage mardi dernier devant la Commission des transports et des communications à l’Assemblée populaire nationale (APN).
Ce dernier a donné les détails des pertes que son entreprise a subies en raison de la Covid-19 par branche d’activité. Selon les chiffres rendus par le PDG, le volume des échanges de marchandises générales s’élevait à environ 19 millions de tonnes en 2019 avant de baisser à 16 millions de tonnes en 2020. Concernant les volumes d’échanges des hydrocarbures, il a précisé qu’il atteindra 62 millions de tonnes en 2020 contre 75 millions de tonnes en 2019. Toujours dans ce même contexte, Achour Djelloul a, lors de l’audition, rapporté que le chiffre d’affaires du groupe repose pour l’essentiel sur l’activité de ses 10 ports commerciaux qui assurent tous les besoins de transfert de marchandises au niveau national, avec une capacité d’importation de 42 millions de tonnes de marchandises et d’exportation de 75 millions de tonnes des hydrocarbures.
A propos d’activité dans chacun des ports, il a fait savoir que c’est l’enceinte portuaire de Béjaïa qui est en tête avec 30% du volume de transfert de marchandises générales. Le PDG a en outre fait savoir que Serport gère également 48 ports de pêche des ports de plaisance. A propos des ports de pêche, Achour Djilali a fait remarquer que des structures accusent «des bilans négatifs criards» auxquels «il appartient au Groupe de pallier le déficit», a-t-il confié. Sur ce dernier point, il a révélé que le montant de soutien accordé aux ports de pêche s’élevait à 300 millions de DA en 2019, destiné principalement aux salaires d’un millier de travailleurs affectés à la sécurité, l’administration et la gestion des ports, fait face à un autre manque à gagner généré par le défaut de paiement par les pêcheurs des droits de location et d’exploitation au port. Au chapitre des perspectives de déploiement du Groupe, Achour Djelloul a annoncé que son groupe prévoit d’accentuer ses capacités de transports de voyageurs à travers, d’une part, l’acquisition d’un nouveau car ferry d’une capacité de 1 800 voyageurs et, d’autre part, en louant une dizaine de bateaux. Sur ce dernier point, il a avancé que la branche transport des voyageurs sera confortée notamment à la participation de plusieurs compagnies étrangères dès lors «où elles ont affiché leur intérêt quant à l’ouverture de nouvelles lignes de transports vers les différents ports algériens», a-t-il dit, avant de se prononcer sur le futur port de Cherchell
Un rôle important dans le transport de marchandises vers les pays africains
Le PDG a, lors de son audition, mis l’accent sur l’importance du projet de réalisation du port de Cherchell, notamment sur le plan économique au vu de sa liaison avec la zone de libre-échange vers le Sud, ajoutant que ce port sera réalisé selon les normes internationales et relié aux grands ports mondiaux. Il a appelé dans ce sens à l’impératif de développer le transport ferroviaire et routier afin de garantir le transport de la marchandise à partir du port vers l’Afrique.
Sur ce point, M. Djelloul a rappelé la proposition relative à la réalisation de grandes bases logistiques dans le cadre du Service public dont la mission consiste en la réception des marchandises au niveau des ports, la décharge des conteneurs et l’accomplissement des procédures administratives, douanières et de contrôle jusqu’à l’opération de distribution. Cette formule vise à réduire la durée du maintien des conteneurs au niveau des ports, a-t-il expliqué.
Pour revenir à la difficile situation financière que traversent les entreprises citées plus haut, il faut croire, à la lumière des montants de leur perte, que la crise sanitaire a fini par tétaniser leurs activités dont elles dépendent en grande partie. Il ne reste plus qu’à se tourner vers un éventuel secours financier venant du gouvernement pour au moins se maintenir dans l’attente que la crise sanitaire disparaisse. C’est leur seul salut. n