La crise sanitaire que traverse le pays est venue s’ajouter à la crise économique de ces derniers mois. Un état des lieux alarmant et dont il faut éviter de trop grandes conséquences négatives sur le plan socio-économique. Des esquisses de solutions ont été avancées par Mohamed Sami Agli et Mohamed Chérif Belmihoub, respectivement président du Forum des chefs d’entreprise (FCE) et analyste en économie. C’était lors de la 6e édition des débats du Forum qui s’est tenue en vidéo-conférence en ligne sur le thème «Les conséquences économiques de la pandémie Covid-19 et de la chute des cours des hydrocarbures».
Le président du FCE a, dès l’entame de son intervention, tenu à révéler que les échos qui lui sont parvenus de ses bureaux régionaux «ne laissent aucun doute que de nombreuses PME et TPE vont disparaître venant ainsi s’ajouter à liste de celles qui sont à l’arrêt depuis quelques mois. Il est crucial de freiner cette tendance». Il soutiendra qu’il «va falloir minimiser l’impact de la pandémie Covid-19 sur l’économie nationale si l’on veut sauver les entreprises algériennes en difficultés.» Et d’arguer dans ce sens que «des solutions existent faciles à mettre en œuvre sur le terrain», citant particulièrement un moratoire fiscal et parafiscal et un report automatique des engagements bancaires ou tout au moins une revue à la baisse des échéances de remboursement afin de réduire les problèmes de trésorerie des entreprises. Non sans avertir : «C’est d’autant plus impératif si l’on veut que la machine économique du pays se maintienne en activité». «C’est notre mission et celle des pouvoirs publics», a-t-il lâché. Dans cette optique, le président du FCE suggère comme solution un plan de relance à l’adresse des entreprises en très mauvaise posture sur le plan trésorerie. Ce dernier a martelé : «Nous sommes aujourd’hui frappés de plein fouet par cette crise sanitaire qui, non seulement tue malheureusement des êtres humains, mais asphyxie, voire même détruit des entreprises du pays». Mais ce qui inquiète le plus le patron du FCE, «c’est que nos entreprises font face à une crise qui s’installe d’une manière transversale dans l’ensemble des secteurs d’activité. Devant cette situation, nous plaidons pour le maintien à tout prix de l’activité économique». Lançant dans la foulée : «Il faut qu’un maximum d’emplois soit maintenu le plus longtemps possible.» Revenant sur le plan de la relance, il dira : «Ce plan est d’un grande importance pour l’après-Covid-19 dès lors où il est attendu que l’économie mondiale va faire l’objet de grande mutation, qui va fragiliser de nombreux pays, notamment ceux grands tributaires des recettes d’exportation d’hydrocarbures.»
Rebondissant sur ce dernier point, l’analyste en économie Mohamed Chérif Belmihoud n’a pas mâche ses mots : «Le pétrole, c’est fini pour le pays. Et cette crise sanitaire et ses conséquences sur l’économie mondiale et surtout la nôtre sont venues nous le rappeler avec beaucoup de certitude.» Cet analyste a par ailleurs tenu à faire savoir que les séquelles de la crise économique et celle sanitaire sont de plus en plus visibles sur le plan macroéconomique. En effet, ce dernier a révélé que «nos entreprises sont scindées en trois catégories : celles en suractivité de par leur rôle d’approvisionner les populations, celles en sous-activités conséquemment au confinement d’une grande partie de leurs personnels et, enfin, les plus vénérables, c’est-à-dire dont les chances de se maintenir en activité sont très infimes». Concernant les solutions envisagées pour réduire un tant soit peu les conséquences de la pandémie, Belmilhoub rejoint en grande partie celles avancées par Samy Agli. Cependant, il a avoué que «s’il y a quelques années j’étais un fervent opposant à la solution de la planche à billets, aujourd’hui, je consens qu’elle est devenue légitime en accordant des crédits indispensables aux entreprises pour leur maintien en activité». Ajoutant : «La planche à billets est aujourd’hui incontournable pour tout au moins relancer la commande publique et, par ricochet, accorder des plans de charge aux entreprises dont la survie dépend».
Notons enfin que le président du FCE a félicité l’ensemble des membres de son organisation pour leur mobilisation et leur élan de solidarité envers les populations démunies en cette période de crise sanitaire.<