On en saura un peu plus concernant l’impact réel de la Covid-19 sur les entreprises et les ménages à partir de janvier prochain, et ce, au terme de l’enquête qui sera lancée à ce propos à la fin décembre. C’est ce qu’a fait savoir le ministre délégué chargé de la Prospective, Mohamed-Cherif Belmihoub, dans un entretien accordé à l’APS, précisant que ladite enquête se fera en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (UN-CEA).

Un échantillon de 15 000 ménages servira à ce travail dont les premiers résultats sont attendus pour la mi-janvier, a souligné M. Belmihoub, non sans rappeler qu’une première évaluation du genre a été déjà avancée lors de la rencontre présidée par le Premier ministre avec les partenaires sociaux et les opérateurs économiques, permettant la création d’une commission de sauvegarde chargée de prendre en charge les incidences de la pandémie sur l’économie nationale.
Cette réunion s’était soldée par 150 recommandations, a-t-il rappelé, estimant que «les efforts pour surmonter la double crise sanitaire et économique doivent être équitablement répartis au niveau des différents acteurs de la société».
Le même responsable a, à l’occasion, plaidé pour que l’année 2021 soit celle des «réformes profondes des secteurs économiques et sociaux», afin «d’éviter de nouvelles crises plus importantes» après la crise sanitaire de la Covid-19, a-t-il expliqué.
Le vaccin fera monter le brut à 60-70 dollars
Interrogé sur les perspectives d’évolution des cours du pétrole, M. Belmihoub a mis en avant l’impact positif que devrait avoir le vaccin sur la tendance du marché. «Si le vaccin permet de faire baisser le nombre de contaminations, le baril gagnera 5 dollars, puis la machine économique reprendra progressivement ce qui permettrait au baril de passer à 60-70 dollars», a-t-il considéré, reconnaissant cependant la difficulté de prédire les tendances précises des cours sur le long terme. S’agissant de l’évolution des recettes des hydrocarbures du pays, le ministre prévoit que «pour 2021, avec la reprise économique, nous pourrons atteindre 30 à 35 milliards de dollars de recettes, ce qui pourrait nous soulager au niveau de la balance des paiements», a-t-il soutenu.
Evoquant la stratégie de la sécurité énergétique du pays sur à long terme (dix ans), il a souligné que la démarche de son ministère délégué, en la matière, s’appuie sur trois axes. Il s’agit, explique-t-il, de préparer la transition énergétique vers plus de renouvelable, assurer une meilleure efficacité énergétique au niveau des ménages, des administrations et des opérateurs économiques et préserver un excédent de production d’hydrocarbures en tant que source de financement de la balance des paiements».
Interrogé sur la nature des missions de son ministère délégué et celle de la Direction générale de la prévision et des politiques (DGPP) du ministère des Finances, M. Belmihoub a souligné que les missions des deux administrations ne se chevauchent pas, expliquant que la DGPP établit des prospectives sur le court terme. «La DGPP réalise des prévisions sur deux ans alors que nous nous focalisons sur les prévisions à partir de 5 ans et plus», a-t-il précisé.
Concernant le déficit budgétaire du pays, le ministre a, à son tour, écarté tout recours au financement conventionnel ou à l’endettement extérieur pour le régler.
Il y a, par contre, «un financement monétaire entre le Trésor public et les banques, mais il ne faut pas qu’il dépasse un certain seuil», a-t-il indiqué. A la question de savoir si le Fonds de régulation des recettes (FRR) était toujours utile, au moment où les recettes énergétiques s’affichent en forte baisse, M. Belmihoub a estimé que «celui-ci constitue un outil de régulation très intéressant». «Le gouvernement a budgétisé la LFC 2020 sur la base de 35 dollars/baril. Il y a donc un excédent (de recettes) versé dans ce Fonds», a-t-il noté.
A propos de la future réforme des subventions, M. Belmihoub a estimé que la crise sanitaire pendant laquelle beaucoup de citoyens n’ont pas perçu de revenus depuis plus de six mois, a constitué «un contexte difficile pour lancer les discussions autour de cette réforme». En revanche, «l’année 2021 doit être l’année des réformes dont celles des subventions», a-t-il déclaré, précisant que les ministères des Finances, de la Solidarité nationale et l’ONS travaillent à recueillir des bases de données afin de recenser les personnes qui sont dans le besoin au sein d’un fichier national. <