Par Feriel Nourine
Omicron a finalement frappé fort. Beaucoup plus que ce qu’ont pu laisser croire les analyses, classant ce variant de la Covid-19 comme moins virulent que son prédécesseur Delta.
Nettement plus contagieux que ses aînés dans la lignée des variants, qui ont maintenu en vie le virus et lui ont permis de se redéployer depuis son apparition il y a plus de deux années, Omicron s’est aussi avéré tueur en masse. Il a causé le décès de 500 000 personnes sur les 130 millions qu’il a touchées depuis son apparition en Afrique du Sud, il y a à peine deux mois et demi, puis son départ de ce pays à destination des quatre coins de la planète, enregistrant des pics inédits qui relèguent bien derrière les chiffres enregistrés lors des vagues antérieures.
Que reste-t-il alors de bénin à Omicron dans cette comptabilité macabre ? En tous les cas rien qui puisse autoriser l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à relativiser et de rassurer. Au contraire, l’OMS n’hésite pas à qualifier le bilan de «plus que tragique» et «stupéfiant». Presqu’un aveu d’impuissance que l’organisation manifeste face à un virus qui semble prendre du plaisir à se déjouer de l’humanité entière en diversifiant ses armes sans jamais livrer les secrets de son arsenal réel, réduisant la portée des études épidémiologiques et, partant, la fiabilité des prévisions qui s’ensuivent. Et lorsqu’il le fait, c’est surtout pour dérouter la communauté médicale qui le suit pas à pas pour tenter de freiner son élan, à défaut d’en venir à bout.
Dans ce type de configuration épidémiologique et de rapport de force, la mort du coronavirus devient même irréaliste. A moins que la pandémie se charge elle-même de la mission, ouvrant la voie à la flambée des contaminations à l’Omicron et ses sous-variants vers l’immunité collective ?