Pas de baisse des prix de l’immobilier à la location en vue, selon Zahoua Mammeri, présidente de la Fédération nationale des agences immobilières (FNAI).

Tandis qu’une grande partie des livraisons de programmes immobiliers étatiques sera livrée d’ici la fin de l’année en cours, pour la responsable de la FNAI « il faudra attendre cinq à six ans » avant de voir une éventuelle baisse des prix de location.

Pour rappel, le programme AADL1 sera livré totalement à la fin du premier semestre 2017, selon Abdelmajid Tebboune, ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme. Le reste du programme AADL 2 commencera à être livré directement après la fin de cette opération.
Quant aux logements promotionnels publics (LPP), ils seront livrés d’ici début 2018, selon l’engagement du ministre. Quatre mille logements ont déjà été distribués et 9 000 autres seront livrés durant le mois en cours. « Cela fait plusieurs années qu’il y a des distributions de logements sociaux, mais jusqu’à aujourd’hui nous n’avons pas vu de baisse. Il y a toujours un grand déséquilibre entre l’offre et la demande », explique la présidente de la FNAI. Elle déplore « la spéculation devenue maladive » des propriétaires de biens immobiliers qui préfèrent « garder leur logement vides pendant plusieurs années ». Parmi les dossiers de la fédération affiliée à l’UGCAA, la volonté de nouer une collaboration avec différents ministères, celui de l’Habitat, bien-sûr, mais aussi ceux des Finances, du Commerce ainsi que la Direction des impôts. « Au niveau des notaires, les déclarations des transactions ne sont pas conformes aux valeurs réelles en jeu. Elles sont régulièrement en deçà des sommes en jeu », incrimine Zahoua Mammeri, qui appelle à lutter plus efficacement contre ces procédés. « Pour cela, il faut que la fiscalité soit plus souple », milite-t-elle. En cause, les nouvelles taxes mises en place par la loi de finances 2017 qui impacteront sur les prix des transactions immobilières, selon les professionnels du secteur. « Les propriétaires répercuteront la hausse de la TVA sur le prix qu’ils demandent », projette-t-on chez les agents immobiliers. Une embûche de plus pour les locataires. Pour les plus optimistes, et malgré les nombreux indicateurs négatifs, le salut pourrait bel et bien passer par les nouvelles attributions de logements sociaux qui viendront grossir l’offre du parc locatif. A ce propos, concernant les logements AADL, de nouvelles modifications, portées par la nouvelle loi de finances, sont également entrées en vigueur. Les logements acquis dans le cadre de la location-vente AADL peuvent être cédés par leurs propriétaires au bout de seulement deux ans, au lieu de cinq précédemment. La mesure concerne les bénéficiaires ayant procédé « par anticipation au paiement de la totalité du prix restant après le paiement de l’apport initial », précise le texte de loi. Par ailleurs, la Secrétaire générale de l’Organisation nationale des promoteurs immobiliers (ONPI), Houria Bouhired, se dit en faveur d’un plafonnement des prix de vente et de location de logements afin de réguler le marché de l’immobilier dans le pays. Objectif à long terme, mettre au diapason le coût de l’immobilier en Algérie avec les normes internationales, dont la location ne dépasse pas le tiers du salaire d’un locataire ou d’un acquéreur. Pour ce faire, Mme Bouhired estime que les assiettes immobilières doivent être plus accessibles, notamment aux promoteurs immobiliers.