Mille Algériens ont franchi la frontière entre le Maroc et l’Espagne, dans la région de Ceuta, en 2018, a indiqué le journal espagnol  El Confidencial dans son édition du 12 janvier.

C’est un record jamais atteint dans l’histoire de l’immigration clandestine dans cette ville. Le journal affirme que c’est la première fois qu’un tel nombre d’Algériens tentent de rejoindre le continent européen via la région du Ceuta en douze mois. Les candidats à l’immigration clandestine, arrêtés à Ceuta, prennent les vols Alger-Casablanca, avant de prendre la route vers le nord du Maroc.
Les chiffres sont accablants. Pour la première fois, le nombre d’Algériens (926) inscrits au Centre pour le séjour temporaire des immigrants (CETI) à Ceuta, en 2018, est comparable à celui de tous les Africains subsahariens (965). Fin décembre, les Algériens (260) hébergés dans le CETI étaient encore plus nombreux que les Subsahariens. Chaque année depuis 2011, de plus en plus d’Algériens entrent de manière irrégulière dans la ville, mais l’augmentation enregistrée entre 2017 et 2018 (+ 71%) est sans précédent. Selon la même source, la police espagnole soupçonne l’existence d’un grand réseau de trafic qui facilite le mouvement de flux de candidats à l’immigration clandestine.
« Asuntos Internos, une unité de la police nationale, enquête depuis plusieurs mois sur un scandale de corruption hispano-marocain qui aurait permis l’entrée à Ceuta de près d’un millier d’immigrés algériens en situation irrégulière en 2018 et probablement de plusieurs centaines les années précédentes », indique le journal en citant des sources bien informées. Les doutes iront vers la police marocaine qui, selon le journal, serait impliquée directement dans cette affaire qui fait le buzz en Espagne et au Maroc.
« Peut-être un geste de la part du policier marocain adressé à son collègue espagnol, situé à seulement trois mètres, annonçait-il l’arrivée de l’immigré algérien irrégulier – parfois de toute une famille – qui devait être laissé à Ceuta. Ce n’était peut-être pas l’agent en uniforme marocain, mais un passant dans la file d’attente qui exhortait le policier espagnol à fermer les yeux », écrit le journal. Il ajoute : « La police espagnole enquête sur un complot hispano-marocain qui a introduit plus d’un millier de migrants en situation irrégulière en provenance d’Algérie dans la ville autonome. » Ce n’est pas la première fois que les autorités espagnoles accusent de faciliter le mouvement des migrants notamment dans la région de Ceuta que les deux pays se disputent depuis les années 1950 du siècle dernier. Notons que, contrairement à l’Italie qui reçoit de moins en moins de migrants, l’Espagne continue d’accueillir un nombre de plus en plus important de migrants issus généralement du Maroc, d’Algérie et des pays subsahariens. Chaque année, environ un millier sont expulsés par les autorités espagnoles. Les deux pays, l’Algérie et l’Espagne, sont liés par une convention qui prévoit les expulsions des Algériens en situation irrégulière sur le territoire espagnol.n