Par Nadir Kadi
L’un des premiers bilans concernant les tentatives d’immigration clandestine, au cours de l’année 2021, fait état de pas moins de «6 426 opérations déjouées». Ce chiffre, annoncé par le ministère de la Défense nationale, dans un communiqué repris hier par la presse, est également précisé que 5 839 personnes «de plusieurs nationalités» ont également été arrêtées pour le même motif au cours de l’année écoulée. Une donnée qui fait notamment référence aux tentatives d’entrée illégale sur le territoire et aux liens entre passeurs et trafic en tous genres. Le communiqué note en ce sens que l’une des opérations déjouées, en 2021, a permis la saisie d’une somme de près de 4 milliards de centimes, en partie composée de fausse monnaie.
Phénomène d’immigration clandestine qui reste en ce sens à un niveau élevé, l’un des derniers rapports sur le sujet, établie par le Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (Cread) en étudiant plus spécifiquement les départs vers les pays européens, avait en ce sens établi que 13 000 tentatives de migrations clandestines avaient été déjouées par les pays du Sud de l’Europe occidentale, en majeure partie durant le second semestre 2020. Ce chiffre, qui englobe uniquement les tentatives interceptées par les autorités des pays d’Europe, ne reflète cependant pas l’intégralité du phénomène. L’auteur du rapport du Cread, le sociologue et spécialiste du fait migratoire Mohamed Saïb Musette, avait en ce sens indiqué «on ne connaît pas le nombre de harraga qui ont pu arriver sains et saufs, ni encore le nombre réel de morts ou de disparus durant la traversée de la Méditerranée». Et la tendance serait restée sensiblement identique en 2021, l’Ambassadeur et chef de la délégation de l’Union européenne (UE) en Algérie, Thomas Eckert, avait en ce sens avancé le chiffre de 14 000 personnes qui ont rejoint, à partir de la côte ouest algérienne et du Maroc, l’Espagne durant les neufs premiers mois de l’année en cours. Une estimation qui englobe ainsi l’ensemble de la rive Sud et qu’il s’agit de mettre en parallèle avec l’action des gardes-côtes algériens. Ces derniers avaient notamment permis, en 2020, de stopper «plus de 20 000 tentatives de traversée».
Quant à la destination des filières d’immigrations clandestines, elle resterait, selon le rapport, dirigée vers la France, ainsi 87% des clandestins algériens en Europe seraient en France, le même rapport précise que «les migrants algériens en situation irrégulière à l’étranger sont davantage identifiés en Europe. Les données de l’Eurostat font mention d’une moyenne annuelle de 18 600 Algériens en résidence illégale dans les pays de l’UE durant les dix dernières années (2008-2017), avec près de 25 000 en 2017».