Les services espagnols de sauvetage en mer ont annoncé avoir secouru, au cours de la seule journée de lundi, 217 migrants, dont un bébé, qui tentaient de gagner l’Espagne à bord de 10 embarcations parties d’Afrique. Les migrants  essayaient de traverser le détroit de Gibraltar ou la partie la plus occidentale de la Méditerranée,

selon les différentes informations publiées tout au long de la journée sur Twitter par l’établissement public espagnol Salvamento Maritimo. Parmi eux figuraient au moins 24 femmes et un bébé. Au total, 635 personnes sont mortes ou ont disparu dans l’ensemble de la Méditerranée depuis janvier. Il arrive que les embarcations de migrants qui partent des rivages marocains échouent au large des côtes algériennes, non sans drame. C’était le cas en mai dernier lorsque trente-huit ressortissants africains ont quitté le littoral de Nador, au royaume du Maroc, pour rejoindre clandestinement les côtes sud de l’Espagne à bord d’une embarcation artisanale qui a échoué, à cause des mauvaises conditions climatiques, dans les eaux territoriales algériennes au niveau de la côte ouest, selon les explications fournies alors par le ministère de l’Intérieur. L’intervention des gardes-côtes a permis de sauver 19 migrants, mais de repêcher 17 corps de victimes. Les migrants qui tentent ainsi la traversée vers l’Espagne sont surtout de nationalités marocaine, algérienne et d’autres issues d’Afrique noire. Pour ce qui est des seuls Algériens, ils ont été plus 2 000 à avoir tenté la traversée en direction de l’Espagne en 2017, la majorité débarquant sur les côtes andalouses. Ce qui a poussé d’ailleurs l’Espagne et l’Algérie à agir dans l’urgence et à trouver des mécanismes conjoints afin d’enrayer le phénomène. En mai toujours, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Bedoui, s’était envolé pour Madrid, à l’invitation de son homologue espagnol, Juan Ignacio Zoido. A l’issue de la rencontre entre les deux hommes, un accord de coopération avait été signé destiné à former une unité commune pour lutter contre l’immigration clandestine et plus particulièrement les «passeurs». Un accord intervenu dans une phase critique, poussant le gouvernement espagnol à déployer un centre d’accueil temporaire dans la prison d’Archidona (Andalousie) afin d’accueillir plus de 500 migrants algériens. Des incidents y avaient été alors signalés, et un migrant est même décédé, avant que le centre de détention ne soit fermé. Pour en revenir à l’accord, il s’agit de mettre en place une équipe de police conjointe pour enquêter sur les réseaux de traite des êtres humains. Selon les médias espagnols, 338 officiers de la police algérienne ont participé à la formation.  Le ministère espagnol de l’Intérieur a également souligné que les autorités algériennes faisaient un «grand effort» pour lutter contre l’immigration clandestine et qu’au premier trimestre de l’année, l’arrivée des clandestins algériens était en baisse de 20% par rapport à la même période en 2017.  Entre-temps, l’Espagne a négocié avec l’Algérie le retour progressif des immigrés algériens à leur pays d’origine.