Les Forces navales ont intercepté tout au long de janvier dernier et sur toute l’étendue du littoral 164 migrants qui tentaient de rejoindre l’Europe, tous de nationalité algérienne, parmi lesquels se trouvaient 3 femmes et 6 mineurs, ainsi que 13 autres de nationalités africaines.

Un chiffre qui en dit long sur le phénomène de l’immigration clandestine et les proportions qu’il ne cesse de prendre. Ce n’est pas la première fois que le ministère de la Défense nationale rend compte d’opérations de sauvetage de migrants naufragés ou de tentatives de départ mises en échec par les Forces navales. Faut-il rappeler la dernière en date, qui remonte au mois de décembre 2016, lorsqu’une unité des gardes-côtes, qui opère dans la 5e Région militaire, à Annaba, a déjoué une tentative d’émigration clandestine de 31 personnes à bord d’une embarcation par laquelle elles tentaient de joindre les rives européennes. L’afflux des migrants depuis les côtes algériennes a même connu un record, largement relayé par les médias italiens, qui parlaient d’un « débarquement » massif de migrants algériens en Sardaigne. En une nuit, 158 migrants algériens ont accosté au port de Teulada, pour une partie, et d’autres sur les plages de Porto Pino et Sant Antioco, réussissant à tromper la vigilance des gardes-côtes italiens. Les différents groupes de migrants ont été identifiés par les unités du Naval Air Group de la Guardia di Finanza. Ils ont été pris en charge par la police de Carbonia. Selon les médias italiens, ce flux de migrants à partir de l’Algérie vers la Sardaigne est « constant » mais c’était la première fois qu’un nombre aussi élevé de migrants arrive sur les côtes italiennes, le plus souvent débarquant par grappes de 20 personnes. Or, l’arrivée massive sur la côte de Sardaigne de 158 migrants illégaux algériens a été décrite par la police italienne « comme bien organisée » et « indique qu’un nouveau réseau s’est constitué depuis l’Algérie, chargé de diriger les flux clandestins vers la petite île italienne». «On croit qu’avec la traversée de la Manche sicilienne jusqu’aux îles de Lampedusa, qui a vu 15 000 migrants y débarquer en une semaine, les trafiquants se concentrent désormais sur la route entre l’Algérie et la Sardaigne », estime la police italienne. Tous les clandestins algériens étaient arrivés seuls à bord de petits bateaux en fibre de verre.
Selon les enquêteurs, il est prouvé que des migrants sont arrivés près de l’île à bord de gros bateaux, comme un bateau de pêche ou même un navire, puis « redistribués » sur de petits bateaux pour poursuivre la traversée. Toujours est-il que dans le cadre des opérations de sauvetage, de lutte contre l’émigration clandestine et le trafic de drogue, menées le long du littoral du pays, les unités des Forces navales ont eu également à sauver 11 personnes, dont 2 enfants, et de porter assistance à 5 chalutiers en difficulté.