Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité Sociale, M. Zemali, a indiqué hier que son  département comptait actuellement 29 mutuelles actives assurant une couverture sociale «complémentaire» au profit de près d’un million d’adhérents, précisant que ce nombre ne représente que 8% des assurés sociaux au sein du système des assurances sociales estimés à 39 millions de personnes.

Un taux faible, qui a poussé M. Zemali à appeler les services concernés à œuvrer à «l’augmentation du nombre d’adhérents» au sein de ces structures. Une augmentation qui permettra «aux travailleurs assurés de bénéficier des avantages de ces mutuelles, notamment celles contenues dans les dispositions de la nouvelle loi qui les régit», a-t-il déclaré lors de l’installation du Conseil national de la mutualité sociale (CNMS) pour la période 2018-2022. Si elles permettent aux travailleurs assurés de bénéficier d’avantages, comme le fait remarquer le ministre, les cotisations aux mutuelles peuvent également permettre de drainer des ressources financières supplémentaires au profit du système des assurances sociales. C’est pourquoi d’ailleurs, l’appel du premier responsable du secteur peut s’inscrire en droite ligne avec les opérations réussies de la Caisse nationale de la sécurité sociale (Cnas) et la Caisse nationale de sécurité sociale des non-salariés (Casnos) visant à diversifier les campagnes de promotion de l’acte de cotisation pour récolter un maximum de ressources indispensables à leur équilibre depuis que l’argent des exportations pétrolières s’est mis à manquer. La Cnas et la Casnos n’avaient pas, en effet, durant les deux dernières années hésité à sacrifier les montants colossaux des pénalités qu’il détenaient sur un grand nombre d’entreprises  et autres employeurs pour les convaincre de payer leur cotisation et se mettre à jour. Une démarche qui s’est soldée par une moisson conséquente de dinars versés aux comptes des deux caisses et dont les responsables n’ont pas manqué de se réjouir à plusieurs reprises, chiffres à l’appui.
«Les prestations supplémentaires assurées par la mutualité sociale permettront de compléter les remboursements garantis par la Sécurité  sociale», a également  indiqué le premier responsable du secteur, précisant que les mutualistes peuvent bénéficier, également, des avantages de la carte électronique Chifa, accordés aux assurés sociaux et au tiers payant, ainsi que de la «retraite complémentaire» à l’âge de la retraite. Ce qui permettra, a-t-il dit, «d’améliorer le pouvoir d’achat de cette frange de la société».
C’est dans cette logique que M. Zemali a incité le CNMS à travailler à la «conciliation» dans certaines mutuelles qui connaissent des problèmes ayant affecté leur fonctionnement et leur performance.  Il a affirmé que son secteur œuvre «à l’accompagnement des mutuelles en vue de les promouvoir et leur permettre, ainsi, de contribuer davantage à la concrétisation de la politique nationale visant le développement de la protection sociale».
Organe consultatif, le CNMS compte en son sein des représentants de différents secteurs, dont la sécurité sociale, les finances, l’intérieur et les collectivités locales, la santé, la solidarité nationale, le Conseil national économique et social (Cnes) et les syndicats les plus représentés au niveau national. Il a pour charge de présenter des propositions pratiques en matière de mutualité sociale et peut être consulté sur toute question relative à ce domaine.
Il a également pour mission de procéder à des études et enquêtes sur la gestion des mutuelles.