Depuis le début de l’été, la Protection civile, corps constitué et institution qui, tout comme les forestiers, déploie dans des conditions qui restent très difficiles des milliers d’hommes au front de la lutte contre les incendies de forêt et des couvertures végétales de notre pays et mérite le plus grand respect des Algériens.
Une tâche des plus ardues et au péril même de la vie des éléments de ce corps de sécurité civile et pour lequel «d’importants moyens humains et matériels ont été mobilisés et dépêchés sur place», rapporte le responsable de la communication, Nasser Bernaoui, approché hier lundi par Reporters. Ainsi selon ce responsable «ce sont pas moins de 65 colonnes mobiles de lutte contre les feux de forêt qui ont été mobilisées pour tenter de venir à bout des flammes».
C’est plus que le double, explique cet officier, puisque «durant la campagne 2019, le nombre de ces colonnes s’élevait à 37 seulement». «Le renforcement des colonnes s’est imposé par le nombre important et la dangerosité des départs de feu dans les massifs forestiers et couvertures végétales dans plusieurs wilayas du Nord». Depuis le début de l’été, et principalement la deuxième quinzaine de juillet, «chaque colonne a été renforcée», précise-t-il.
Le dispositif retenu en termes d’effectif est de «40 à 50 sapeurs-pompiers par colonne» opérant sous la coupe d’un lieutenant de la Protection civile et orienté par des gardes forestiers afin de «rendre efficace l’intervention des colonnes mobiles» dans les situations «les plus hostiles».
En ce qui concerne l’intervention aérienne, «4 hélicoptères ont été mobilisés pour l’extinction des feux et pour orienter les équipes d’intervention au sol pour limiter le sinistre et leur éviter de se retrouver piégées au milieu d’un foyer de feu». A quelque chose malheur est bon, selon l’adage, la fermeture des places par crainte de propagation du coronavirus Covid-19 a permis à l’état-major des pompiers algériens de mobiliser un maximum d’hommes dans la lutte contre les feux. «La logique importante et la forte mobilisation humaine dans nos rangs a été rendue possible après l’interdiction d’accès aux plages par mesures de protection contre la contamination au virus Covid-19», précise M. Bernaoui. «Cette mesure, ajoute-t-il, a permis de libérer pour le combat contre les incendies de forêt davantage d’agents». D’autant que, souligne-t-il, dans «le front actuel, le but n’est pas seulement d’éteindre les feux, mais de protéger les vies et d’anticiper les départs d’incendie avec un dispositif capable de réagir et d’attaquer aussi les flammes dès leur détection». «C’est un travail de sacrifice et de responsabilité», fait observer notre interlocuteur. Il explique qu’«une petite négligence peut avoir de graves conséquences, entre autres, l’ouverture d’une nouvelle voie aux flammes et, partant, des espaces entiers de forêt partir en fumée». Il insiste sur «le poids de responsabilité qui pèse sur les épaules de nos agents d’intervention» à faire de la lutte et de la prévention en même temps. Il faut, pour notre part, mesurer tout le courage qu’ont ces soldats du feu et hommes au grand cœur à s’exposer au danger des flammes.
Selon le bilan d’activité de la Protection civile concernant les incendies enregistrés du 31 juillet au 2 août courant, ce sont 92 incendies, dont 59 de forêt, 9 de maquis, 16 d’herbes, 8 de récoltes, ayant causé des pertes estimées à 396 hectares de forêt, 90 hectares de maquis, 792 hectares d’herbes, 6 350 bottes de foin, 2 903 arbres fruitiers et 1 659 palmeraies.
Rappelons, que la direction générale des forêts (DGF) a indiqué avoir enregistré 1.216 foyers d’incendies, entre le 1er juin et le 1er août, qui ont détruit plus de 8.778 hectares dans 37 régions. Un pic de 66 incendies simultanés a été atteint le 27 juillet au niveau de 20 wilayas nécessitant l’intervention des hélicoptères de la Protection civile pour les éteindre, selon la DGF.
Face à ce désastre, le président Abdelmadjid Tebboune avait ordonné dimanche l’ouverture «immédiate» d’une enquête sur les incendies qui se sont multipliés ces derniers mois à travers le pays, ravageant plusieurs milliers d’hectares. Une enquête qui vise notamment à «déterminer les causes des incendies qui ont ravagé de vastes étendues de forêts». <