« Les points positifs » relevés à la fin de la dernière réunion tenue entre le ministre de la Santé et les délégués des médecins résidents n’ont pas suffi pour mettre fin à la grève. Les blouses blanches ont décidé de poursuivre le débrayage, estimant que les propositions de la tutelle n’ont pas été à la hauteur des aspirations.

Ainsi, le dénouement tant attendu dans le bras de fer médecins résidents-ministère de la Santé n’est pas pour demain.
Au terme des onze assemblées générales organisées hier à travers différentes wilayas du pays, les 15 000 médecins résidents se sont prononcés en faveur du « maintien de la grève à une écrasante et incontestable majorité », affirme le Dr Mohamed Taïleb, membre du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra). À Oran, à Annaba, à Alger, à Tizi Ouzou, comme au niveau des sept autres facultés de médecine (Blida, Bejaia, Sétif, Sidi bel Abbès, Tlemcen, Constantine et Batna), la voix de la détermination à poursuivre le combat jusqu’à satisfaction des revendications l’a emporté. La base militante a, de nouveau, dit non à l’appel du ministre Mokhtar Hasbellaoui qui avait montré son « optimisme » de voir les résidents « prendre la sage décision ». Hélas, ses propositions « étaient insuffisantes », qualifie le Dr Taïleb, joint hier par nos soins.
« Nous ne rejetons pas les propositions du ministère, mais nous disons que ce qui a été donné est encore insuffisant et ne répond pas à nos doléances », explique notre interlocuteur qui se félicite du déroulement des assemblées générales où « l’ensemble des résidents ont adopté le choix de poursuivre la grève ».
Pour le délégué du Camra, il n’est pas question de faire machine arrière sur les principales revendications, notamment celle ayant trait à l’abrogation du caractère obligatoire du service civil.
« Les médecins résidents ont tous insisté, aujourd’hui (Hier, Ndlr), sur la nécessité d’aller vers l’abrogation de l’obligation du service civil qui a monté son échec », a-t-il dit. Sur cette question, faut-il le rappeler, le ministère de la Santé a pris la décision de « fixer la durée de 03 à 04 ans pour les villes universitaires du nord du pays et de 1 à 2 ans pour les autres villes, y compris les villes universitaires du Sud ».
Ce qui ne semble pas convaincant pour les blouses blanches qui sont à leur cinquième mois de grève. Idem d’ailleurs pour le point relatif au service militaire qui reste une question fondamentale dans ce bras de fer et sur laquelle le ministère de la Défense demeure en retrait.
Dans le PV commun signé entre le ministère et le Camra, il était entendu que « la durée accomplie dans ce cadre soit déductible de la durée du service civil ». Aux yeux des résidents, c’est une avancée, mais encore floue. « Il y a un effort certes sur le dossier du service national, de la part du ministre de la Santé. Mais, nous regrettons que le MDN ne se soit jamais intervenu.
De ce fait, il n’a pas été mis fin à l’inégalité dont nous sommes victimes comparativement à d’autres citoyens algériens », fera remarquer le Dr Taïleb. A ces deux points s’ajoute le volet formation sur lequel il n’y a eu aucun accord, laissant les soins au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique qui était absent.
« Il y a blocage sur ce volet », dénonce le représentant du Camra, reprenant les remarques qui ont été faites lors des AG.
Pour exemple, les résidents de la wilaya de Tizi Ouzou ont voté à 99% pour la poursuite de la grève avec une participation sans précédents selon le Camra. Le même cas pour Constantine, Oran et Alger qui étaient les premières à rejeter les propositions de Hasbellaoui.

« Poursuivre les négociations »
Cependant, malgré la décision de poursuivre la grève, les médecins résidents se félicitent des avancées réalisées dans le dialogue avec la tutelle, souhaitant « poursuivre les négociations sur la même lancée et sur la base d’un document de propositions et de contrepropositions entre les deux parties ». C’est de cette manière que le mouvement pourra trouver le chemin vers le dénouement, disent-ils. Quoi qu’il en soit, le maintien du mot d’ordre de grève vient remettre les compteurs à zéro dans le bras de fer puisque le ministre a conditionné la mise en œuvre de toutes les mesures décidées par la reprise du travail et la suspension de la grève. Une autre chance est ratée ! En attendant, c’est les hôpitaux qui demeurent paralysées, au moment où les examens de DEMS continuent d’être boycottés par les candidats, menaçant sérieusement d’engendrer de futurs déserts médicaux dans quelques mois.