La ville de Ouargla a connu, hier, une journée mouvementée qui sort de l’ordinaire. La plupart des commerces n’ont pas ouvert hier matin, donnant ainsi le décor d’une ville morte, désertée par ses habitants, a indiqué une source locale à Reporters.

Répondant à l’appel à la grève lancé par la structure locale de l’Union nationale des commerçants et artisans algériens (UGCCA), les commerçants, en majorité, ont maintenu leurs rideaux fermés durant la journée d’hier.
En plus de la grève, les adhérents de l’UGCCA ont organisé un sit-in devant le siège de la Direction du commerce d’Ouargla pour demander la prise en charge de leur plateforme de revendications concernant plusieurs points.
Selon notre source, les protestataires demandent la levée de toutes les sanctions prononcées contre les commerçants de la ville par la direction du commerce. Autrement dit, ils estiment être victimes d’abus de la part des contrôleurs. Ils demandent également l’éradication des commerces informels, qui constituent pour eux une concurrence déloyale. «Les commerçants de l’informel exposent leurs marchandises dans les rues sans payer aucune charge, ce qui constitue une concurrence déloyale pour les commerçants. La passivité des différents services de l’Etat au niveau local a ouvert la voie à la prolifération des activités commerciales informelles».
Les commerçants grévistes réclament aussi des mesures urgentes pour assurer la sécurité dans la ville. D’après leurs déclarations, la situation sécuritaire dans la ville s’est détériorée ces derniers mois, ce qui s’est répercuté sur leur chiffre d’affaires qui a connu une baisse. En termes plus clairs, ils exigent la mise en place d’un plan de sécurité pour lutter contre les agressions et les vols dont sont victimes les commerçants et leurs clients, notamment la nuit.
L’autre point revendiqué concerne l’organisation des marchés de la ville. Les commerçants estiment que l’anarchie qui règne dans les marchés favorise le commerce informel et ouvre la voie à toutes les dérives qui portent atteinte à l’activité commerciale légale.
Enfin, les protestataires appellent à la révision de l’imposition à laquelle ils sont soumis. Ils justifient leur demande par la concurrence déloyale que leur livre le secteur informel.
La grève a causé des désagréments aux habitants de la capitale des hydrocarbures, qui ont trouvé quelques difficultés à s’approvisionner en produits alimentaires, notamment.
Pour rappel, la ville d’Ouargla n’a pas connu de mouvement de protestation d’envergure depuis la fameuse marche du mouvement anti-gaz de schiste, organisée le 13 mars 2015. Une marche qui a connu une forte participation des formations politiques de l’opposition.A. S.