Une nouvelle mesure a été prise, hier, par le ministère de la Communication. Elle s’inscrit dans le cadre des dispositions de sensibilisation et d’information déjà prises depuis une semaine et destinées à mettre fin à l’anarchie qui a caractérisé, ces derniers jours, certaines émissions religieuses et les messages délivrés par certains de leurs animateurs, sans conscience du danger de l’épidémie du Covid-19.

Outre l’appel de l’Agence de régulation de l’audiovisuel (Arav) aux médias télévisuels privés de privilégier dans leurs émissions religieuses le message de sensibilisation, de solidarité et d’appui aux efforts des autorités sanitaires face à l’épidémie, et le communiqué publié par le ministère des Affaires religieuses de soumettre à autorisation toutes les fatwas dans ce sens, le ministre de la Communication est passé à une autre décision.
Ce département, en effet, vient de publier une «liste nominative d’imams habilités à faire des déclarations et participer aux émissions et plateaux débats mise à la disposition des médias nationaux, publics et privés». Selon un communiqué de ce ministère, l’établissement de cette liste intervient «en complément de l’arrêté interministériel du 19 mars 2020 portant coordination entre le ministère de la Communication et celui des Affaires religieuses et des Wakfs, concernant la sélection des intervenants dans les médias sur les questions religieuses».
La liste comporte des intervenants en mesure de faire des déclarations dans les trois langues (arabe, français et tamazight). Elle a pour but de mettre fin à l’anarchie et à l’irresponsabilité de certains prédicateurs qui ont prétendu que la fermeture temporaire des mosquées n’était rien d’autre qu’une atteinte aux valeurs religieuses des Algériens et qu’elle n’avait pas (sic) de logique sanitaire ni scientifique. Désormais, ces personnes sont passibles de sanctions dans la mesure où ils sont susceptibles d’être responsables de «dérives», un terme utilisé par les ministères de la Communication et des Affaires religieuses, et d’actes irresponsables, incitant leurs partisans et leur auditoire à des pratiques déconseillées par les autorités sanitaires et partout dans le monde où la lutte contre le nouveau coronavirus s’effectue au prix d’efforts considérables.
Pour ce qui est des causeries religieuses sur les radios locales et régionales, le ministère de la Communication appelle à «la coordination avec les directeurs de wilaya des Affaires religieuses et des Wakfs à travers les conseils scientifiques».
L’appel du Cnes
aux oulémas et
aux universitaires
Toujours sur le front de la sensibilisation et de la mobilisation, le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) a appelé «l’élite» du pays à «assumer ses responsabilités en cette conjoncture difficile que traverse le pays. Dans un communiqué, le Cnes indique que son «Bureau national a décidé de prendre une série de mesures dont, entre autres, l’appel lancé à l’élite nationale, savants, enseignants, médecins, intellectuels, oulémas, écrivains, artistes et journalistes à assumer leurs responsabilités nationales et humaines en cette conjoncture “difficile” que traverse le pays». Le syndicat appelle la famille universitaire, enseignants, étudiants et travailleurs à «la mobilisation», en sus des initiatives de la société civile et toutes les forces vives nationales, à l’encadrement de ces initiatives et à la contribution dans la diffusion de la sensibilisation sur les dangers de cette épidémie».
Le Cnes invite également les directeurs et membres des laboratoires scientifiques dans toutes les universités du pays, à participer tant sur le plan scientifique que pratique à l’effort national dans la prévention de cette pandémie mortelle. Le syndicat a demandé aux administrations des universités à «la collaboration et à la facilitation» de toute action allant dans le sens de l’effort national de lutte contre le Covid-19. Il assure que toutes ses branches dans l’ensemble des universités, des centres universitaires et des écoles supérieures, demeurent mobilisées pour soutenir les cellules de sensibilisation qui ont été installées au niveau des établissements universitaires en vue de sensibiliser sur la pandémie du Covid-19, tout en soumettant des rapports périodiques au bureau national sur ses activités. Enfin, il indique la réunion restreinte de son bureau national «demeure ouverte», tout en appelant le comité administratif national et le Conseil national à rester à un niveau d’alerte élevé. Le syndicat s’est dit «disposé à participer à tout effort national commun» de lutte contre cette épidémie. n