La Cour de Blida a confirmé hier les peines prononcées lors du verdict dans l’affaire impliquant Abdelghani Hamel, ancien patron de la Sûreté nationale et l’ex-Chef de sûreté de la wilaya d’Alger Nouredine Berachedi, condamnés en première instance à 4 ans de prison ferme.
Les deux accusés sont poursuivis pour abus de fonction pour l’obtention d’indus privilèges à caractère professionnel en vue de la préservation du poste de DGSN ou d’un poste supérieur, en vertu de l’article 33 de la loi relative à la prévention et la lutte contre la corruption. En plus de leur condamnation à 4 ans de prison ferme, le Tribunal a prononcé une amende de 100 000 DA contre les deux anciens responsables de la DGSN qui ont tenté, devant le juge, de nier les faits et griefs retenus contre eux alors que le juge a opposé une fin de non-recevoir à la requête de constitution de partie civile de l’officier Anzar Saïd, ancien chef de Sûreté urbaine à Kouba pour «avoir été victime en 2012 de chantage et de pressions de la part de M. Berrachedi, alors chef-adjoint de la Sûreté d’Alger».
Dans ce registre, faut-il le souligner, l’officier Anzar avait sollicité du Tribunal un dédommagement de 10 milliards de centimes pour le préjudice causé après avoir été condamné à six années de prison ferme puis à trois années après appel à la Cour de Blida. Noureddine e Berrachedi a rejeté en bloc les accusations retenues contre lui défendant la thèse d’avoir agi en respect de la loi quand il a reçu une demande de la part du DGSN lui commandant de lui remettre une liste nominative d’un immeuble situé à Hydra (Alger), propriété du dénommé Kamel Chikhi, dit El Bouchi.
Suite à quoi, «le chef de la Police judiciaire de la Sûreté d’Alger a ordonné à ses services de lui apporter cette liste par le biais du chef de la police économique qui s’était déplacé en compagnie de deux autres officiers à la Conservation foncière de la daïra de Bir Mourad Raïs pour demander cette liste que le conservateur foncier leur a remis», a-t-il répondu à la question du juge, lequel soutenait qu’il s’agit d’un acte «non conforme» à la loi à inscrire dans le registre d’ «abus de fonction».
Abdelghani Hamel a rejeté, quant à lui, avoir demandé au chef de la Sûreté d’Alger de lui remettre la liste nominative suscitée. Hamel a ajouté, par ailleurs, avoir contacté l’ancien ministre de la Justice, Tayeb Louh, pour l’informer que «le dossier de blanchiment d’argent ouvert par la Police judiciaire de la Sûreté nationale, depuis deux ans, a été suspendu depuis près de huit mois et demandé au ministre de rouvrir ce dossier. «Ce qui fut fait suite à l’appel téléphonique du ministre dans l’après-midi l’informant de relancer le dossier».
Selon les dires des accusés, l’enquête relative au blanchiment de 125 millions de dinars par Kamel Chikhi et le financement d’un groupe terroriste, remonte à 2016, lorsque la Police judiciaire de la Sûreté d’Alger a engagé les investigations à ce sujet. Un mois après le lancement de l’enquête, cette affaire a été retirée à la Sûreté d’Alger pour être confiée à la Gendarmerie nationale. Un fait non admis par l’ex-Chef de la Sûreté d’Alger Berrachedi, qui a estimé que l’ex-commandant de la Gendarmerie nationale, Ghali Belkcir, a «usé de son influence pour s’accaparer du dossier», selon l’accusé Abdelghani Hamel.
Il faut rappeler que le Tribunal de Boumerdès avait, fin septembre, confirmé, lui aussi, son verdict prononcé contre Hamel, condamné à 12 ans de prison ferme. Hamel et les co-accusés dans cette affaire sont poursuivis pour «obtention illégale de fonciers agricoles», «abus de pouvoir» et «activités illégales».
La chambre pénale de la Cour d’Alger avait prononcé, quant à elle, le 12 août dernier, une peine de 12 ans de prison ferme à l’encontre de Hamel, poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, dont «blanchiment d’argent», «enrichissement illicite», «trafic d’influence» et «obtention de fonciers par des moyens illégaux». n