Le traitement que réservent les courants politiques à l’avant-projet de loi sur le régime électoral augure-t-il de changements significatifs dans la composition des Assemblées élues ? Se dirige-t-on vers une APN où il n’y aura pas de représentants des partis du courant démocratique ? FFS, PT et RCD tourneront-ils le dos aux futures législatives anticipées tout en s’engageant dans la compétition pour les Assemblées locales ?
Tant de questions que suscite la quasi-indifférence des partis au processus de révision de l’encadrement réglementaire de ces futures échéances qui se dérouleront sous le nouveau code électoral, élaboré par le comité des experts et dont la mouture finale est attendue dans les prochaines semaines.
En tout état de cause, ces partis politiques, défenseurs d’un processus constituant, ne semblent pas emballés par les joutes électorales annoncées dans l’optique de renouveler la composante des Assemblées élues.
Et si le Parti des travailleurs (PT) et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) ont préféré regarder ailleurs que vers la mouture du futur code électoral, le Front des forces socialistes (FFS) s’est exprimé à ce sujet. «Quels que soient son niveau et l’efficacité de loi qui l’encadrent, une élection n’a jamais été la démocratie. Elle constitue plutôt son couronnement. Dans les conditions actuelles de notre pays et les conditions politiques du moment, elle ne peut jouer aucun rôle dans le changement souhaité. Ce dernier exige plutôt un large débat national qui mobilise toutes les forces du pays», a affirmé, samedi dernier, Youcef Aouchiche, premier secrétaire du FFS.
M. Aouchiche avait indiqué que «les élections n’ont jamais constitué une priorité pour le FFS, qui lutte pour l’avènement d’un changement radical et pacifique du système de pouvoir», estimant que «plus que jamais», «tout processus électoral doit s’inscrire dans une stratégie nationale claire visant à construire des institutions et consacrer la souveraineté du peuple».
Ce message est-il annonciateur d’un retour à la logique du boycott des élections au sein du FFS jusque-là jaloux de sa présence dans les Assemblées locales alors que son retour à l’APN, depuis 2012, n’a pas été sans créer des remous internes ? Les prochaines semaines nous indiqueront plus sur la position du parti.

Adhésion chez le FLN, le RND et le TAJ
A l’opposé des positions affichées par les partis de la mouvance démocratique, chez les partis de l’ancienne alliance, c’est plutôt l’enthousiasme et l’adhésion au processus en cours avec parfois quelques réserves sur certains articles.
Le FLN, qui a fait part de sa désapprobation sur la règle des 4 % des suffrages précédents, ne signe pas moins son adhésion à la mouture de l’équipe Laraba, avait signifié son premier responsable du parti. Pour sa part, le Rassemblement national démocratique (RND) a indiqué avoir proposé des amendements substantiels à 13 articles de la mouture de l’avant-projet de loi organique portant régime électoral. Le RND aspire, grâce à ces propositions d’ordre politique et technique, à «une nouvelle vie politique conforme aux pratiques d’éthique où l’institution élue puisse exprimer la volonté populaire réelle et préserver la position des institutions partisanes étant la base du processus démocratique et électoral», a déclaré Tayeb Zitouni, son secrétaire général.
Ce dernier a souligné que le contenu de la mouture est «positif», ajoutant que ce nouveau texte «amorcera une nouvelle ère de pratiques politiques dans un pays où le choix des représentants sera soumis à la volonté populaire».
Par ailleurs, chez les partis islamistes, c’est le MSP qui a accueilli favorablement la mouture avec quelques critiques d’ordre technique, alors que le Front pour la justice et le développement (FJD) de Djabballah ne cache pas moins ses réserves sur certaines dispositions contenues dans le texte.