Pour interpeller le gouvernement sur leur situation, l’Organisation nationale de défense des droits des Patriotes n’est pas près de baisser les bras. Forte du soutien de plus de 100 000 éléments, elle compte organiser une marche le 5 mars prochain à Alger.

Le but, exiger la réouverture par le gouvernement du dossier inhérent à leurs revendications. Hier, lors d’une conférence tenue à Alger, le bureau de l’organisation était catégorique. Même s’il conditionne la marche à une « réponse franche et prompte du gouvernement », ses membres ont développé un discours des plus radicaux vis-à-vis du gouvernement, épargnant, néanmoins, le chef de l’Etat. Leur première cible est Ahmed Ouyahia, à qui ils reprochent « sa versatilité » et ses « accointances avec Madani Mezrag ». Ils ont fait savoir que plusieurs Patriotes « ont été approchés par des responsables du RND pour les aider lors des élections ». Tout en réfutant toute appartenance politique, Mourad Maâtallah, coordinateur national de l’organisation, a appelé le gouvernement « à prendre en charge les doléances des Patriotes et celles des familles des martyrs loin de toute considération politique ». Il a souligné que la marche « nationale et pacifique » que comptent organiser les Patriotes « est le seul recours qui nous reste pour que les autorités entendent notre cri ». Venus de Bouira, Tizi Ouzou, Alger, Skikda, Boumerdès, Chlef… les Patriotes ont tenu aussi à dénoncer « la trahison» des pouvoirs publics qui « nous ont fait appel lorsque le pays était pris en étau par le terrorisme ». Tout en récusant l’appellation de « groupe de légitime défense », ils ont souligné que « c’était le ministère de la Défense qui nous a armés pour défendre le pays et non pas nos propriétés ». Les moult témoignages des présents et notamment des veuves sont éloquents. « Nous avions défendu durant des années les biens de l’Etat et, en définitive, ils nous disent que vous n’avez défendu que vos propriétés », dénoncent-ils. Ils ont mis en garde contre toute tentative de manipulation, mais surtout « contre la surenchère de la main de l’étranger ».
Avant de témoigner sur « le traitement réservé aux Patriotes », au moment où « les repentis jouissent de tous leurs droits ». Un Patriote de Boumerdès a raconté qu’un repenti « s’est retrouvé fonctionnaire à l’université », alors que lui « cherche vainement un emploi ».