Comme ultime recours et moyen de pression pour exiger la fin du conflit, qui oppose le Cnapeste à la Direction de l’éducation, et la reprise des cours, des dizaines de lycéens, collégiens et de parents d’élèves, venus des différentes daïras de la wilaya de Tizi-Ouzou ont décidé de descendre dans la rue.

C’est ce qu’a décidé la Fédération des associations des parents d’élèves, à laquelle se sont joints les lycéens, qui entendent ainsi faire entendre leurs voix dans l’espèce de dialogue de sourds qui oppose la direction de l’éducation et le partenaire social qui campent chacun sur ses positions.
Du siège de la Direction de l’éducation, en passant par la principale artère de la ville, le boulevard Houari-Boumediène, pour rallier le siège de la wilaya, où ils ont organisé un sit-in, les manifestants n’ont pas caché leur colère à l’encontre des enseignants grévistes. « Enseignants, mettez l’intérêt des élèves au-dessus de tout », protestaient-ils. « On ne veut plus être les boucs émissaires de la décadence de ce système. On demande la reprise des cours», ont-ils scandé encore, signifiant ainsi leur désaveu face à une situation conflictuelle qui ne concerne ni les parents ni leurs enfants, mais dont seuls ces derniers subissent les conséquences. De fait, et à travers la mobilisation d’hier, les protestataires ont adressé un message aux deux parties prenantes au conflit qu’ils ont mis face à face. Une mobilisation qu’il appartient aux pouvoirs publics et à l’ensemble des autorités, en relation avec le secteur de l’éducation nationale, de décoder comme un appel de détresse. Une façon de dire basta ! « Il faut qu’une solution soit trouvée en urgence à cette grève qui perturbe les élèves et nous, leurs parents», nous a expliqué Ali Lahcène, président de la Fédération des associations des parents d’élèves de la wilaya de Tizi-Ouzou (FAPE). Il ne cache pas son ressentiment à l’encontre du Cnapeste, dont il dénonce le radicalisme, lui incombant la responsabilité du blocage. «Le Cnapeste a toujours fermé les portes du dialogue et il continue à le faire. Preuve en est, il a refusé d’assister à l’AGE d’aujourd’hui », regrette encore le premier responsable de la FAPE. Signalons qu’une délégation a été reçue pas le wali, Mohamed Boudarbali, auquel « on a transmis notre inquiétude et lui avons exprimé notre ras-le-bol de cette interminable grève que rien ne pourrait justifier», nous expliquera un représentant des lycéens.