La mesure autorisant la réouverture des crèches et des garderies, décidée avant-hier, a soulagé aussi bien les propriétaires de ces établissements que leurs clients, d’autant plus que la rentrée des classes pointe à l’horizon pour de nombreuses femmes fonctionnaires.
Cependant, les règles de prévention imposées pour la réouverture déplaisent aux gérants de ces établissements qui lancent un cri de détresse en direction des pouvoirs publics, notamment celle qui fait obligation de réduire le nombre d’enfants à accueillir dans les sites.
La présidente de la Fédération nationale des établissements d’accueil de la petite enfance (FNEAPE) Rym Salhi évoque en particulier l’obligation de l’exploitation en premier temps de 50% des capacités d’accueil de ces établissements et l’obligation de soumettre l’ensemble du personnel au test de dépistage de la Covid-19, préalablement à l’ouverture de l’établissement.
« On demande que l’Institut Pasteur procède au test de dépistage de notre personnel gratuitement», dit Rym Salhi, qui rappelle que les crèches et garderies se trouvent « en difficulté financière » depuis la fermeture de ces établissements en mars dernier. « Nombre de professionnels risquent de fermer leur établissement », fait savoir notre interlocutrice. Une situation qui, avec les nouvelles règles de prévention, « qu’on nous a imposées nous ont conduit à revoir à la hausse nos tarifs ». « Avec la réduction de nos capacités d’accueil de 50%, on est contraint d’augmenter les tarifs pour pouvoir faire face aux lourdes charges que nous avons», avance Mme Salhi. Il s’agit entre autres du payement du loyer, des employés ainsi que les charges fiscales », explique-t-elle. « Durant cette période de crise, nos établissements ont enregistré un énorme déficit et une perte importante et certains établissements ont dû fermer, tandis que d’autres risquent de leur emboiter le pas », ajoute la présidente de la FNEAPE.
Elle appelle les autorités publiques à « revoir » les conditions fixées pour autoriser les professionnels de la petite enfance à reprendre leurs activités. Pour rappel, il est exigé le port obligatoire du masque de protection pour l’ensemble du personnel, l’affichage des mesures barrières et de prévention aux différents points d’accès et l’interdiction aux parents d’accéder aux locaux. Il s’agit également de l’installation de paillasses de désinfection aux entrées. Dans le cas du non-respect du protocole exigé, et qui sera soumis à des visites d’inspection, les dirigeants de ces établissements seront tenus comme seuls responsables et les autorités procéderont à la fermeture de l’établissement concerné. Par ailleurs, la présidente de la Fédération nationale des établissements d’accueil de la petite enfance relève sur un autre volet un « cahier des charges comportant des mesures draconiennes ». Le cahier des charges censé mettre de l’ordre dans cette activité eu égard à la multiplication de ces établissements est ainsi critiqué par la FNEAPE.
Le cahier des charges fixe un plafond du nombre d’enfants à accueillir et impose « d’appliquer des programmes appropriés pour chaque catégorie d’âge par une équipe pédagogique, conformément aux programmes approuvés par les services compétents du ministère chargé de la Solidarité nationale et de celui de l’Éducation nationale ». Mais pour Rym Salhi, « il s’agit d’une tentative d’imiter les établissements européens qui disposent de tous les moyens. Ce n’est pas la même situation pour nous et imposer des conditions d’exercices qui ne sont pas à notre portée ».
Les professionnels de la petite enfance avaient saisi récemment, le président de la République pour sauver ces établissements de la fermeture et de la faillite. Ces derniers ont expliqué dans leur lettre que les crèches se trouvent en « difficulté » en raison de la fermeture des établissements et la mise en application du nouveau cahier des charges. n