Poursuivies et lourdement condamnés en juin dernier par le tribunal de Sidi M’hamed, pour plusieurs charges liées à la «corruption» ; le nouveau verdict rendu hier, en appel, par la Cour d’Alger à largement confirmé les peines contre l’ex patron du groupe «Ennahar», Mohamed Mokaddem, (dit Anis Rahmani)
et son co-accusé l’ancien homme d’affaire Mahieddine Tahkout.

Par Nadir Kadi
Les deux accusés, à qui il est reproché les charges «d’infraction à la réglementation des changes», «trafic d’influence pour l’obtention d’indus avantages» mais aussi «fausse déclaration» et «mauvais usage des fonds de la Sarl El-Athir Presse» ont en effet été condamnés, selon l’APS, a deux peines de «10 ans de prison ferme, assortie d’une amende d’un million de DA».
Procès mettant en avant deux accusés longtemps restés incontournables dans le domaine des médias, pour Anis Rahmani, et du transport ou encore du «montage» automobiles pour Mahieddine Tahkout. Le fond du dossier laisse apparaître que contre l’ex patron du groupe «Ennahar» et son co-accusé auraient œuvré à dissimuler plusieurs biens, ainsi l’origine des moyens financiers ayant permis leurs acquisitions. En ce sens, il est à rappeler que la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), avait notamment fait savoir au cours du mois de mars dernier, que les différentes saisies des biens de l’ancien homme d’affaire M. Tahkout, avaient été chiffrées à une valeur globale de «1000 milliards de centimes». Et dans cette logique les juges de la Cour d’Alger, ont également confirmé hier la confiscation de tous les biens immobiliers et avoirs bancaires des accusés, des biens qui avaient pour rappel été identifiés et saisis en vertu des «ordonnances de saisie» émises par le juge d’instruction.
Par ailleurs, il est également à rappeler que le patron de presse Anis Rahmani, actuellement incarcéré à la prison d’El-Menia, avait déjà été condamné par la justice en mars 2021 dans le cadre de l’affaire de l’enregistrement à son insu et de la diffusion d’une conversation avec un officier de renseignement. Le verdict de la cour d’Alger avait en effet conclu à une peine de 3 ans de prison ferme, retenant notamment les chefs d’accusation de diffamation et d’injure à un employé dans l’exercice de ses fonctions.
Quant à la Sarl «El-Athir Presse», l’entreprise relevant du groupe Ennahar qui avait été condamné en première instance, au titre de personnalité morale, à payer une amende de «32 millions de dinars» avec «versement d’une indemnité de 10 millions de dinars au profit du trésor public» ; sa peine à été relativement réduite hier par le verdict en appel.
En effet la Cour d’Alger condamne l’entreprise à payer une «amende de 12 millions de dinars» en plus de verser une «indemnité de 10 millions de DA au Trésor public» ; la Sarl «El-Athir Presse» ayant été innocenté des charges de violation de la réglementation sur les transactions financières. <