Par Bouzid Chalabi
«Nous sommes encore très loin d’atteindre des niveaux satisfaisants en matière de débit internet», avoue le ministre de la Poste et des Télécommunications Karim Bibi Triki. Et pour appuyer ce constat, il lâche qu’«en dépit des efforts consentis, notre marge de développement demeure faible». C’était lors d’une rencontre sur le thème «L’économie numérique», organisée à Alger par le Groupement algérien des acteurs du numérique (GAAN).
Face à cet état des lieux, le ministre juge que «les conditions nécessaires pour une nette amélioration de la vitesse du débit d’internet ne sont toujours pas satisfaisantes». Non sans confier, dans la foulée, «alors que c’est tout à fait indiqué, voir même impératif, si l’on se réfère au dernier bilan du marché national de la connexion Internet. Et où il ressort les chiffres suivants : 4 millions de foyers sont connectés par réseau filaire (ADSL/fixe) relevant du prestataire historique Algérie Télécom, et 39 millions de personnes à travers les réseaux mobiles des trois opérateurs, Mobilis, Djezzy et Ooredoo.»
Poursuivant «dans ce contexte, et en restant les bras croisés, la qualité de service est en déclin tant la charge de connexion est importante. Ce qui demande donc pour satisfaire la clientèle de passer à l’action, c’est-à-dire viser dans l’immédiat une puissance supérieure dans la capacité de notre bande passante. Laquelle assure actuellement 70% du trafic internet». Toutefois, le ministre a rappelé au parterre de participants à cette conférence que, depuis mars 2020 à ce jour, la vitesse du débit internet a été multipliée par 5 pour atteindre les 2 MG. «A cet effet, ce sont 2 millions de personnes qui ont vu leur débit internet doubler», a-t-il évoqué.» Pour faire plus, cela exige la combinaison de plusieurs facteurs, notamment se consacrer davantage aux volets vitesse et qualité de la connexion. En clair, redéployer nos infrastructures en la matière. Chose tout à fait à notre portée car ce n’est pas une affaire de moyens, mais de volonté pour atteindre ce but». Au registre des améliorations dans la qualité de la connexion internet, intervenue ces derniers temps, le ministre s’est appuyé sur les 30 places gagnées au mois d’octobre 2021 par l’Algérie au classement de l’internet fixe par pays, élaboré par Speedtest d’Ookla Index, référence internationale en la matière. Le conférencier soulignant : «Nous sommes passés de la peu reluisante 171e place à la 141e». Remontée qui est due, selon Karim Bibi Triki, «aux dernières mesures prises par Algérie Télécom, portant sur l’augmentation de la vitesse du débit Internet pour l’ensemble du parc des abonnés en Algérie. «Tout en conservant les mêmes tarifs, au cours de 2021», a-t-il indiqué. Et pour clore ce chapitre, le ministre a martelé : «Si nous voulons que les choses changent sur le terrain, il va falloir faire en sorte de fédérer toutes les parties concernées, améliorer les services, impulser une dynamique nouvelle au secteur et porter des correctifs dans la réglementation en vigueur.»
C’est sur ce point que se sont focalisés les débats qui ont suivi l’intervention du ministre. De nombreux intervenants, versés dans l’économie numérique, ont mis à profit la présence du ministre pour lui faire part des entraves qu’ils rencontrent dans leur activité. Entre autres, la certification électronique qui, selon eux, accuse des retards dans la mise en œuvre. Il a été soulevé également «la lenteur dans la délivrance d’agrément d’exploitations». Le ministre, qui reconnaît «les disparités dans l’encadrement de leurs activités, notamment les datas center», promet un «modèle économique plus attractif». n