Plus d’un mois après la rentrée scolaire, l’application du protocole sanitaire et les moyens de prévention mis à la disposition des écoles continuent à préoccuper des acteurs de l’éducation nationale.
Et si l’ensemble de ces acteurs tend à se familiariser tant bien que mal avec le contexte pandémique et ses exigences, les directeurs d’écoles primaires semblent, eux, insatisfaits de la situation qui prévaut dans leurs établissements. Inquiétude sur la base d’un constat peu rassurant ou réveil tardif d’une catégorie essentielle de l’échiquier restée inaudible jusque-là ?
La question mérite d’être posée, d’autant que cette montée au créneau est signée après que les choses commencent à se normaliser, notamment depuis que le gouvernement a tranché le maintien des cours et que les établissements ont été pourvus de moyens. Ce qui ne semble pas avoir convaincu les directeurs d’établissements primaires qui tiennent visiblement à manifester leur inquiétude face aux «dysfonctionnements et manquements» constatés dans la gestion des écoles primaires et l’application du protocole sanitaire.
Pour cette raison, le Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep) a décidé d’organiser, aujourd’hui lundi, un sit-in de protestation devant les directions de l’Education, indique le syndicat dans un communiqué rendu public. Les directeurs dénoncent les mauvaises conditions de travail dans ce contexte de pandémie et réclament «le détachement des écoles primaires» de la gestion des collectivités locales.
Le Snadep s’insurge contre «l’absence presque totale» des moyens les plus rudimentaires permettant l’application du protocole sanitaire de prévention contre la Covid-19 et la garantie de la sécurité sanitaire de la communauté éducative. Il évoque en particulier «l’absence quasi-totale» des collectivités locales censées mettre à disposition des écoles les moyens nécessaires pour lutter efficacement contre la propagation du virus.
«L’absence des collectivités locales et du protocole sanitaire ont donné lieu à un climat de peur et de préoccupation dans le milieu scolaire, notamment après l’enregistrement des cas de coronavirus parmi le personnel éducatif», explique le syndicat. A ce propos, les directeurs insistent sur la nécessité de détacher les 19 000 écoles du primaire de la gestion APC et de les rattacher au ministère de l’Education, qui prend uniquement l’aspect pédagogique, sachant que la loi en vigueur restreint le champ d’intervention du ministère de l’Education notamment, l’article 122 du code communal limite la responsabilité entre les ministères de l’Education et de l’Intérieur.
Outre les mauvaises conditions de travail et d’application du protocole sanitaire, le syndicat des directeurs reproche à certains responsables locaux «l’humiliation» qu’ils leur font subir atteignant parfois des «violences verbales et physiques», indique le syndicat. Il dénonce, également, le comportement «autoritaire» de certains fonctionnaires des directions de l’Education et des inspecteurs ainsi que la violation des lois et règlements portant organisation des relations de travail de tous les corps de l’administration et de l’éducation. Sur le plan pédagogique, les directeurs des écoles primaires estiment que le plan exceptionnel a été élaboré de façon «aléatoire et contradictoire», ce qui a compliqué sa concrétisation et sa mise en œuvre sur le terrain. Sur un autre volet, le syndicat revendique «la valorisation de la fonction et le statut de directeur d’école ainsi que la valorisation des primes». Le syndicat réclame aussi de régler les problèmes liés à l’hébergement dans le logement d’accompagnement de l’établissement. Ils insistent également sur leur droit de retraite proportionnelle et de classer le métier de l’enseignement dans la nomenclature des métiers à haute pénibilité. Les directeurs demandent, par ailleurs, aux autorités compétentes de se charger de la vente des livres scolaires, distribution de la prime de solidarité et des cartables en dehors de l’établissement scolaire, car ses tâches ne relèvent pas de ses prérogatives.<