Les signes de contestation ne manquent pas dans le secteur de l’Education nationale, deux mois après la rentrée scolaire intervenue cette année sous protocole sanitaire.
Les enseignants contractuels annoncent un sit-in national dès que les moyens de transport le permettront. Ils promettent, en effet, de dénoncer l’attitude du ministère à qui il est reproché «la négligence» de toutes les correspondances envoyées au sujet de leur intégration dans les postes vacants du secteur. «Aucune réponse à notre revendication principale liée à l’intégration de la fonction publique sans conditions ni restrictions dans les postes vacants ne nous est parvenue», a indiqué le porte-parole de la Coordination nationale des enseignants contractuels, Mustapha Kassad. Ce dernier souligne que la Coordination des enseignants contractuels a envoyé une correspondance au ministère de l’Education, à la Fonction publique, au Premier ministère et également saisi la Commission nationale de l’éducation de l’APN qui attend à son tour une réponse, en vain».
M. Kassad se dit «écœuré par l’attitude du ministre de l’Education, Mohamed Ouadjaout, qui se mure dans le silence en oubliant la nécessité de se pencher sur le dossier des contractuels». Comme réaction à ce «silence incompréhensible» de la tutelle, les contractuels «vont observer une journée de protestation nationale devant l’annexe du ministère de l’Education à Ruisseau, Alger, dès la levée du gel sur l’activité de transport inter wilaya, fait savoir notre interlocuteur. Cette corporation souhaite que sa situation soit régularisée comme celle des titulaires de diplômes recrutés dans le cadre du dispositif pré-emploi.
«Nous avons appris que le ministère de l’Education nationale poursuit le processus d’intégration des travailleurs du secteur notamment dans le cycle primaire dans le cadre du dispositif de pré-emploi (Anem), entamé en 2019 en conformité avec le décret exécutif relatif à l’intégration des travailleurs selon la formule des «contrats de pré-emploi», souligne M. Kassad. Il explique que les catégories concernées sont celles de conseillers pédagogiques, des superviseurs et assistants pédagogiques et des professionnels ainsi que le personnel administratif.
Mais, devant «l’impossibilité» de les intégrer tous dans le palier primaire, la tutelle compte créer de nouveaux postes financiers administratifs complémentaires ou ouvrir des postes budgétaires dans les cycles secondaires et moyens pour y intégrer les concernés», ajoute le porte-parole de la Coordination des enseignants du contractuels. Ce dernier invite le ministère de l’Education à saisir pour sa part le Premier ministère et la Fonction publique pour trouver une issue à leurs dossiers qu’il qualifie «d’épineux». Pour rappel, en octobre dernier, des enseignants contractuels ont observé un sit-in de protestation devant l’annexe du ministère de l’Education nationale à Alger et appelé le ministère à délivrer des autorisations exceptionnelles pour l’intégration sans conditions ni restriction dans les postes vacants. Ces derniers, qui reconnaissent qu’en matière de recrutement, la réglementation en vigueur est «claire» et interdit de recruter des travailleurs dans la Fonction publique que par le biais d’un concours de recrutement national, souhaite toutefois, de par leur «expérience», rejoindre la Fonction publique, sans passer par un concours de recrutement.
Pour cette corporation, les «contractuels au nombre de 10 000 enseignants dans les trois paliers d’enseignement sont en mesure de garantir l’encadrement des élèves, la stabilité du secteur et une année pédagogique réussie». n