La hausse du nombre d’accidents de la route et les malfaçons enregistrées récemment dans le secteur de l’habitat sont plus que jamais parmi les préoccupations des pouvoirs publics.
Preuve en est, s’agissant des accidents de la route, l’instruction du Président Tebboune qui a ordonné au Premier ministre, Abdelaziz Djerad, de tenir un conseil interministériel dédié exclusivement à la question de la sécurité routière. «Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a chargé le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, de tenir, dans les plus brefs délais, un Conseil interministériel consacré exclusivement à l’examen du fléau des accidents de la route», a indiqué avant-hier un communiqué de la présidence de la République.
Il s’agit également de proposer des «mesures susceptibles de mettre fin à ces catastrophes, qui ont pris des proportions inacceptables et intolérables, avec la hausse constante et préoccupante de sinistres sur nos routes, occasionnant des pertes humaines et matérielles et impactant la santé publique et l’intégrité du citoyen», a ajouté la même source. L’instruction de M. Tebboune est intervenue après le drame enregistré, dans la nuit de samedi à dimanche, dans la wilaya d’El Oued, où une collision entre deux bus a coûté la vie à 13 personnes et fait une quarantaine de blessés.
Ainsi, si l’Algérie n’a jamais été un exemple en matière de sécurité routière, le bilan macabre de l’accident d’El Oued et les réactions qu’il a suscitées parmi les Algériens semblent avoir sonné véritablement l’urgence de mettre le holà sur un phénomène qui ne cesse d’endeuiller de nombreuses familles. Le bilan hebdomadaire établi par la Protection civile fait état de 35 décès et 1 121 autres blessés en une semaine sur le territoire national.
Lors d’une réunion, tenue au début de semaine à Bordj Bou-Arréridj, pour déterminer l’origine des accidents sur l’autoroute est-ouest, le directeur général de l’Algérienne des autoroutes (ADA), Ali Khelfaoui, a fait part de «l’existence d’insuffisances au niveau de l’autoroute, notamment en matière de feux de signalisation». Il a annoncé, par la même occasion, que l’ADA s’efforcera d’y remédier en mettant en branle des mesures urgentes, telles que le lancement de travaux de maintenance au niveau de certains axes routiers au trafic dense, à l’instar de la pente escarpée de Zenouna, dans la commune d’El-Achir, en plus de l’intensification du salage des voies de circulation.
Par ailleurs, et concernant les malfaçons dans les nouveaux logements, le ministre de l’Habitat est désormais chargé de prendre des mesures disciplinaires contre les entreprises réalisatrices et responsables de telles failles, dont les conséquences risquent d’être lourdes. Si des messages de dénonciations ont été diffusés régulièrement sur les réseaux sociaux, les cas de fissurations constatées dans un site de logements à Aïn Sefra a fait réagir les autorités concernées. Suite à cela, le Premier ministre a chargé, lundi, le ministre de l’Habitat de prendre des mesures disciplinaires à l’encontre des responsables concernant «les malfaçons et les défauts de conformité constatés dans les logements réceptionnés». «Les malfaçons et les défauts de conformité, apparents ou cachés, sont devenus une caractéristique de nombreux logements réceptionnés et livrés à leurs titulaires, et ce, malgré les dangers que ces imperfections peuvent entraîner sur la vie de leurs occupants», indique un communiqué des services du Premier ministre, qui note que «les fissurations survenues au niveau de la cité des 200/Logements publics locatifs de Aïn Sefra dans la wilaya de Naâma en est la parfaite illustration».
«Devant cette situation inacceptable, le Premier ministre a chargé le ministre de l’Habitat de mettre en place une commission technique, composée des premiers responsables des organismes CTC, LNHC, CNERIB et CGS, chargée de déterminer les causes de la pathologie et de situer le niveau de responsabilité des différents intervenants», a ajouté la même source.
Cette commission «proposera aussi les mesures urgentes pour intervenir sur les constructions concernées et sera mise à la disposition des services de la Gendarmerie nationale dans le cadre de son enquête», a souligné le communiqué. La même commission est chargée aussi de «faire engager une enquête auprès de la Gendarmerie nationale pour déterminer la responsabilité de chaque intervenant et prendre les mesures disciplinaires et conservatoires à l’encontre des responsables, en attendant les conclusions de la commission technique et de l’enquête de la Gendarmerie nationale». n