L’échec du dialogue avec le ministère de la Santé et l’impasse devant laquelle sont arrivés les pourparlers entre les deux parties semblent avoir poussé les médecins résidents à revenir au mode de la protestation adopté au début de leur mouvement fin 2017. Une action de protestation est annoncée pour cette semaine par le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra), qui appelle ses adhérents à la mobilisation.

«L’ensemble des résidents en sciences médicales a décidé d’organiser une imposante manifestation pacifique nationale à Alger cette semaine», écrit le Camra dans un communiqué rendu public, hier, au lendemain des assemblées générales organisées à travers les wilayas. Cette action est venue en réponse au «marasme dans lequel les autorités tentent de nous enliser», précise le Camra pour qui, s’adressant aux grévistes, «l’heure est au rassemblement et à la mobilisation massive afin de montrer à nouveau notre engagement sans faille et notre détermination à obtenir nos droits légitimes et pour la satisfaction de nos revendications». Lors des AG organisées le weekend et en début de semaine, les résidents ont à l’unanimité réclamé le durcissement du mouvement, suite à leur déception des résultats de la dernière réunion tenue le 17 avril entre le ministre de tutelle Mokhtar Hasbellaoui et leurs délégués. Une réunion qui a débouché sur les mêmes propositions émises le 1er avril sans le moindre avancement, notamment en ce qui concerne les deux points essentiels relatifs au service civil et au service militaire. Le ministère de la Santé, intransigeant sur le maintien de son caractère obligatoire, avait proposé la modulation de la durée du service civil et une prime mensuelle, qui varierait entre 20 000 DA et 60 000 DA, aux médecins qui y sont assujettis. Quant au service national, il a été proposé la déduction de sa durée de celle du service civil. Des réponses estimées en deçà des aspirations et des attentes des grévistes. D’où les appels à la radicalisation. Certains ont plaidé en faveur d’une démission collective, alors que d’autres ont suggéré l’arrêt immédiat des gardes comme à Tizi Ouzou et Oran. Finalement, le bureau national a, après réflexion, tranché pour le retour à la protestation bien que le dialogue soit encore en cours. Les réunions avec le ministère et celles tenues dans le cadre du comité intersectoriel «avaient pour objectif de semer la discorde dans les rangs des résidents, et d’épuiser le mouvement en l’étalant dans le temps, sans jamais avancer le débat autour de nos préoccupations», accuse le Camra, qui ne compte pas s’arrêter à la protesta. Il avertit les autorités que si aucune réponse n’est apportée aux revendications, le recours à ce qui semble être l’ultime option de radicalisation du mouvement n’est pas à écarter. «L’éventualité de l’arrêt de toute activité hospitalière a été soulevée, en l’occurrence les gardes de nuit et de week-end», peut-on lire dans le communiqué du Camra, qui soutient qu’il s’agit de la «direction que prendra inévitablement le mouvement». Depuis la marche du 12 février à Alger où les médecins résidents avaient réussi à tromper la vigilance des services de sécurité en marchant de la Grande poste jusqu’au siège de l’Assemblée populaire nationale (APN), aucune action de protestation n’a été organisée dans la capitale. C’est à Constantine qu’ils ont organisé alors une marche grandiose, le 28 mars, mobilisant plus de 12000 résidents. Ce jour-là, un appel avait été lancé en direction du président de la République afin qu’il intervienne pour mettre fin au bras de fer. Le retour à la charge des blouses blanches intervient au moment où le projet de loi relative à la santé est en débat au niveau de la chambre basse du Parlement. Dans ce projet, le caractère obligatoire du service civil a été réaffirmé. Le ministre de tutelle, a, lors de son exposé, dimanche, réitéré qu’il n’est pas question de l’abroger d’autant plus que c’est le seul moyen d’assurer, actuellement, une couverture sanitaire à l’ensemble de la population.