Les enseignants contractuels de l’Education nationale comptent observer, dimanche prochain, un sit-in de protestation devant l’annexe de leur ministère à Alger, pour réitérer leur plateforme de revendications. Ils reprochent à la tutelle son «mutisme» envers des revendications qu’ils qualifient de «légitimes».

Par Milina Kouaci
La Coordination nationale des enseignants contractuels a annoncé une action de protestation, le 26 décembre à Alger, pour arracher ses «droits bafoués». Cette corporation de 15 000 enseignants des trois paliers réclame l’intégration sans condition dans les postes vacants, la priorisation des enseignants remplaçants dans le recrutement, ainsi que la valorisation de l’expérience professionnelle.
Pour le porte-parole de ladite Coordination, le ministère ne peut pallier le manque d’effectif dans le corps enseignant, réclamant une «intégration directe» des contractuels. «Bien que les postes vacants soient réservés aux promotions et diplômés des Ecoles normales supérieures (ENS), le ministère ne pourrait pallier le manque d’effectif dans le corps enseignant, notamment dans les cycles moyens et secondaires», estime Mustapha Kassad. «Le secteur de l’Education souffre d’un manque flagrant en matière d’enseignants de physique, de maths et de français», poursuit M. Kassad. D’ailleurs, «c’est face à ce manque d’effectif que la tutelle a recours aux milliers de contractuels pour combler le déficit et garantir un encadrement et une stabilité dans le secteur de l’Education», ajoute notre interlocuteur. Les contractuels réclament, en effet, une intégration directe sans condition aucune et sans devoir passer par un concours de recrutement pour les compétences acquises, l’expérience et l’exercice sur le terrain durant de nombreuses années.
Ils revendiquent, par ailleurs, la régularisation de la situation des contractuels qui n’ont pas encore perçu leurs salaires depuis des années, exigeant ainsi le paiement «immédiat» des arriérés de salaires de tous les contractuels. «Il y a des enseignants qui en sont à leur troisième année sans salaire», dénonce M. Kassad.
Sur un autre volet, les enseignants contractuels saluent la décision du ministère des Finances et de la Fonction publique qui ont approuvé la hausse des salaires des enseignants contractuels, mais estiment que ce n’est pas la revendication principale. «Nous demandons de régulariser notre situation comme celle des titulaires de diplômes, recrutés dans le cadre du dispositif pré-emploi.
«Le ministère de tutelle poursuit le processus d’intégration des travailleurs du secteur de l’Education recrutés dans le cadre du dispositif de pré-emploi (Anem), mais pas les enseignants dont certains exercent depuis de longues années», regrette le porte-parole de la Coordination nationale des enseignants contractuels de l’Education. Ces derniers s’accrochent ainsi à leur revendication bien que la tutelle avait écarté, en juin 2020, toute possibilité de recrutement directe des enseignants contractuels ou remplaçants à des postes permanents sans le passage par un concours, en citant les dispositions de l’article 80 de l’Ordonnance 06-03 du 15 juin 2006 portant statut particulier général de la Fonction publique.