Cela pouvait s’apparenter à un pari incroyable. Un scénario improbable. Mais c’était avant que Djamel Belmadi ne débarque pour transformer la baraque en ruines en une forteresse imprenable. Une campagne africaine dans laquelle lui et ses poulains ont donné l’impression d’être intouchables et imbattables. Ils ont mené d’âpres batailles pour signer un couronnement remarquable. C’était il y exactement un an, les Fennecs devenaient maîtres des continents en signant un couronnement incontestable.

Comment oublier ce songe d’une nuit d’été en Egypte, berceau des Pharaons et leur terre ? On ne peut pas dire que beaucoup envisageaient le triomphe des Verts. Surtout que l’effectif ne semblait pas encore mûr. D’ailleurs, avant que Djamel Belmadi ne soit désigné sur le banc en août 2018, l’EN donnait l’impression de foncer droit dans un mur. Mais, fort heureusement, l’ancien international était arrivé à temps pour éviter le drame et le marasme.
Tout était question d’ambition, d’optimisme de détermination à parvenir à l’optimisation. Mentalité de gagneur, c’était la base de la consécration. « On n’est pas allé en Egypte comme le petit poucet ou l’équipe qui est sortie au premier tour en 2017. On y est allé avec l’idée d’être valeureux, braves, ambitieux et d’y croire », a déclaré le coach d’El-Khadra à la FAF TV. Et ce n’était pas que des paroles débitées pour amadouer ou bercer. C’était une réelle intention de se sublimer ; se surpasser pour oublier les désillusions du passé.

« Ce sentiment là, c’est énorme »
En débarquant en Egypte pour le premier tournoi africain à 24 équipes, Mahrez & cie pouvaient compter sur l’exigence de leur entraîneur mais aussi son soutien. Son arrivée leur a fait un énorme bien. Car Belmadi, ancien joueur de haut niveau, connaissait l’état d’esprit de ses poulains et savait comment tisser les liens. Les aider à devenir des gagneurs à temps plein. Et c’est ce qu’il a réussi à faire.
Pour arriver au sommet de l’Afrique, Belmadi a fait des choix forts. Par exemple : en voyant qu’Adlène Guedioura faisait partie du voyage, beaucoup lui ont donné tort. Mais l’ancien-driver d’Al-Duhail (Qatar) savait que le milieu de terrain serait d’un précieux apport. Les prestations de l’ex sociétaire de Nottingham Forest ont justifié sa confiance. D’ailleurs, mettre un certain Ismaël Bennacer à même pas 21 ans dans le onze était aussi une autre prise de risque. Et le rendement du « regista » était tout simplement fantastique. Il a même été meilleur joueur de la Coupe d’Afrique.

Choix forts et assumés
On peut aussi parler de la confiance placée en Djamel Benlamri pour faire la paire avec Aïssa Mandi. Le successeur de Rabah Madjer avait des idées bien à lui. Des convictions qui ne prêtent pas attention aux clichés de ceux qui croient que les footballeurs évoluant dans les championnats du Golfe sont finis. « Le rapport avec les joueurs est pour moi l’essentiel de ce métier. Ces joueurs-là, je les aime. Tout simplement », révèle l’architecte du couronnement.
La qualité intrinsèque et la faculté à fondre dans l’entité étaient des critères importants pour l’homogénéité des trois compartiments. Cela s’est traduit dans la copie numériquement : la meilleure attaque (13 réalisations) et la co-meilleure défense (2 buts concédés). Très portés vers l’avant et solides quand il s’agit de faire le dos rond, Bounedjah & cie avaient la formule gagnante. « Ce que je voulais c’est être le premier, celui qui gagnait. Celui qui prend la Coupe d’un pays pour la ramener chez lui. Ce sentiment-là, c’est énorme. Ça on peut plus te l’enlever, c’est écrit dans l’histoire», note Belmadi. Son souhait, comme celui des millions d’Algériens, a été exaucé. n