Des dizaines d’étudiants de Béjaïa ont bravé, dimanche soir, la pluie et le froid glacial qui se sont abattus sur la région, à l’occasion de la marche silencieuse initiée par l’association estudiantine Azday Adelsan Amazigh (AAI), en hommage au défunt journaliste, Saïd Mekbel, assassiné le 3 décembre 1994, à Alger, par des terroristes.

Cette manifestation de rue, qui s’inscrit dans le cadre de la commémoration du 23e anniversaire de l’assassinat de l’ancien directeur du quotidien Le Matin, a été ponctuée par un rassemblement tenu à la place de la liberté de la presse, sise à la cité Rabéa, dans la ville des Hammadites. Le coup d’envoi de la marche a été donné vers 17h30, depuis le campus universitaire de Targa Ouzemour, où les manifestants se sont donné rendez-vous. Une immense banderole portant le mot d’ordre « Hommage à Saïd Mekbel » a été déployée en tête de la marche. Après avoir parcouru un itinéraire de trois kilomètres, les marcheurs arrivent devant la stèle érigée à la mémoire de Saïd Mekbel. Certains d’entre eux accrochent la banderole au fronton de la placette pendant que d’autres allument des bougies sur les lieux, à la mémoire du talentueux enfant de la ville de Yemma Gouraya. Outre les organisateurs de la marche, des militants politiques et associatifs, à l’image des animateurs du café littéraire de Béjaïa, des syndicalistes autonomes, dont le représentant du Snapap, étaient présents à ce rassemblement. Il est à noter la présence également de Nazim Mekbel, fils du journaliste assassiné. Certains militants, dont les organisateurs de la manifestation, ont, tour à tour, pris la parole devant l’assistance pour rappeler le combat et le courage de l’ancien directeur du quotidien Le Matin, qui s’est sacrifié pour une Algérie libre et démocratique. Lors de son intervention, le président de l’association organisatrice (AAI), Massi Mouri, a fait lecture d’une déclaration rendue publique, à cette occasion, par son organisation estudiantine, et à travers laquelle il tient à rappeler que « le peuple a payé une lourde facture pour l’instauration d’un Etat de droit et une Algérie indépendante, démocratique et sociale, fondée sur les valeurs universelles. ». Pour lui, de l’insurrection armée de la Kabylie jusqu’au printemps noir 2001, en passant par les événements d’avril 1980 et la révolte d’octobre 1988, « les Algériens ont prouvé leur attachement aux valeurs de la liberté et de la démocratie ». Avant de s’interroger « Combien de journalistes et d’intellectuels assassinés ? Combien de martyrs ? Combien de veuves et d’orphelins ? ».
Les rédacteurs de la même déclaration déplorent, en outre, qu’« aujourd’hui, les acquis fondamentaux arrachés par nos prédécesseurs soient remis en cause… ».
Par ailleurs, les animateurs de l’association Azday Adelsan Amazigh ont tenu à dénoncer le rejet par les députés de l’alliance présidentielle de la proposition émise par une parlementaire du Parti des travailleurs (PT), qui a suggéré d’établir un budget pour la promotion de la langue amazighe dans le projet de la loi de finances pour l’année 2018.