Sur papier, c’est Riyad Mahrez qui est la «star» de l’équipe nationale. Sur le terrain, un autre Fennec peut se targuer de faire avec lui jeu égal. Il s’agit de Youcef Belaïli. Très régulier quand il porte la tunique de l’EN et insolent de maîtrise technique, l’Oranais fait l’unanimité. Mardi, lors du large succès contre le Niger à Niamey, il était impliqué sur 3 des 4 réalisations de l’Algérie avec 3 passes clés. Rien que ça.

Par Mohamed Touileb
C’est certainement l’une des plus belles histoires et résurrections sportives. Youcef Belaïli la doit à son talent mais aussi à un homme qui a su placer en lui une véritable confiance : Djamel Belmadi. Le milieu-offensif revient de très loin dans une carrière qui a été donnée pour terminer quand il a été déclaré positif à un produit prohibé.
Cela fait partie du passé. Un passé que le sociétaire du Qatar SC a dribblé et mis dans le vent pour se tourner vers l’avenir et affronter son but suprême : disputer une Coupe du Monde après avoir placé une CAN-2019 dans son armoire de trophées. Belaïli, c’est le football pur mélangé à l’insouciance. Le tout couronné par une incroyable efficacité illustrée en ses contributions dans les résultats de la sélection.
Implication directe dans 11 buts lors des 11 derniers matchs
Les chiffres sont édifiants pour l’ancien pensionnaire de l’ES Tunis. On parle d’un joueur qui a inscrit 2 buts et délivré 9 passes en plus d’avoir obtenu 3 penalties lors de 8 des 10 dernières sorties d’ «El-Khadra». Au total, il compte 12 «assists» et 5 pions en 26 capes. Avant-hier, il n’a pas marqué ni fait d’offrandes. Toutefois, il a réalisé 3 passes-clés sur les 4 buts marqués par les «Guerriers du Désert».
Sa faculté à trouver le bon espace et mettre le dosage idéal sur les transmissions est impressionnante. Lorsqu’il a la balle au pied, il donne l’impression de tout contrôler et qu’il peut en faire ce qu’il veut quand il veut. En outre, sa lecture du jeu culmine à un degré de clairvoyance très élevé. À 29 ans, il a peut-être le gros de sa carrière derrière lui avec le regret de ne pas avoir tenté une expérience en Europe exceptée cette pige qui s’est mal-passée du côté d’Angers lors de la saison 2017-2018.
Lomé, là où tout
a changé
La suite, c’était un retour au «Taraji» et un appel de Belmadi pour rejoindre la sélection en novembre 2018. C’est de là que la renaissance a été enclenchée. Une grosse prestation à Lomé contre le Togo ponctuée par une victoire 4 buts à 1 et un Belmadi définitivement charmé par un joueur qui deviendra un élément indispensable de son onze lors de la CAN-2019.
Aujourd’hui, Belaïli est un leader technique et un élément qui peut débloquer n’importe quelle situation grâce à son génie. Son bagage technique est indéniable et son retour au premier plan est un miracle. Un fait des plus improbables. Belmadi a misé sur lui lorsque personne ne s’y attendait. Et on peut dire qu’il a décroché le gros lot en plus d’avoir permis au natif d’Oran de montrer que l’Algérie enfante toujours des as du ballon. n