Le général de corps d’armée, chef d’état-major de l’ANP, vice-ministre de la Défense nationale a défendu la voie adoptée en matière de lutte contre la corruption, malgré les critiques de «chasse aux sorcières» et de «règlement de comptes», évoquées par des acteurs politiques qui craignent que l’appareil judiciaire ne soit instrumentalisé.

Dans un nouveau discours prononcé lundi soir devant les cadres et personnels militaires de la 4e Région militaire (Ouargla), diffusé hier par le MDN, Ahmed Gaïd Salah a déclaré que la lutte contre la corruption constitue «un défi majeur». Et pour cause, a-t-il souligné, elle est plus complexe que l’on peut imaginer. Elle «possède aujourd’hui des ramifications politiques, financières et médiatiques, ainsi que de nombreux lobbies infiltrés au sein des institutions du pays», a révélé le chef d’état-major, sans pour autant aller dans le détail de ces liens, ni donner l’identité des personnes concernées. Une chose est pourtant sûre, cette lutte contre la corruption n’est pas le fruit d’un coup de tête, à en croire ses propos, car se basant sur des preuves qu’il a qualifiées d’irréfutables. «A cet effet, j’affirme que la voie adoptée dans la lutte contre la corruption, qui a nécessité la détection et le démantèlement de toutes les mines posées dans les différentes institutions de l’Etat et leurs secteurs, s’appuie sur une base forte et solide, car fondée sur des informations précises et confirmées et sur de nombreux dossiers lourds, voire dangereux, aux preuves irréfutables», a-t-il insisté. Histoire de balayer d’un revers de la main toutes les critiques ayant suivi l’incarcération de hauts responsables et anciens militaires, à l’image de Saïd Bouteflika, Toufik et Tartag, ainsi que des responsables politiques comme Louisa Hanoune, patronne du PT. Et c’est le fait que la lutte contre la corruption soit basée sur des informations précises et confirmées et sur de nombreux dossiers lourds aux preuves irréfutables «qui a dérangé et terrifié la bande, qui s’est empressée d’essayer d’entraver les efforts de l’Armée nationale populaire et de l’appareil judiciaire», a ajouté le général de corps d’armée, dans une allusion au trio Bouteflika-Toufik-Tartag. Il s’adressera au peuple algérien qu’il appelle à la vigilance. «Cela impose au peuple algérien de faire preuve d’une extrême vigilance, de s’unir avec son Armée et de ne pas permettre aux instigateurs de plans pernicieux de s’infiltrer dans les rangs du peuple, quelles que soient les conditions et les circonstances », a-t-il dit. Plus que ça, Ahmed Gaïd Salah liera la réussite du travail de la justice au soutien des Algériennes et des Algériens. «Il est certain que la solidarité du peuple algérien avec la justice, dans ce sens, est une autre garantie essentielle lui permettant de poursuivre son rôle et d’accomplir son devoir national dans ce processus d’assainissement», a estimé le général de corps d’armée, assurant la justice de «toute la considération et l’estime pour les efforts persévérants dans le traitement du nombre important de dossiers de corruption accumulés». Le chef d’état-major va enfin jusqu’à attribuer ce soutien et ces efforts au peuple, quand il déclare : «C’est là un message fort du peuple algérien, de sa satisfaction quant à ce processus légal juste et équitable et son adhésion à la justesse de cette bonne voie.» Par ailleurs, évoquant la célébration du 63e anniversaire de la Journée de l’étudiant, qui coïncide avec le 19 mai, Gaïd Salah a soutenu que cette date «porte une signification et un sens profond quant au degré de conscience de l’étudiant algérien et sa perception du véritable intérêt suprême de son pays». Dans un message codé aux étudiants, qui continuent de manifester dans la rue aux côtés du Hirak, il rappellera que «cette position nationaliste et de principe des étudiants demeure un important symbole de l’harmonie entre les Algériens et de leur souci à ce que l’Algérie reste au-dessus de toute considération».<