Le président de Jil Jadid, Soufiane Djilali, a animé, hier, une conférence de presse organisée au siège de son parti, où il a souligné que les résultats des législatives du 12 juin illustrent le fait qu’il y a une véritable crise de confiance entre les Algériens et la classe politique avec un taux de près de 80% de la population qui ont boycotté le scrutin.

Par Sihem Bounabi
Tout en reconnaissant l’échec de son parti qui n’a réussi à décrocher qu’un seul siège malgré la forte mobilisation des militants qui ont mené une intense campagne électorale sur le terrain, Soufiane Djilali estime que malgré quelques dépassements enregistrés localement «le véritable échec est dans l’abstention de près de 80% du peuple algérien». Le président de Jil Jadid a commenté ainsi «que, malheureusement, le boycott de ces élections a permis le retour des partis de l’ancien système pour s’emparer encore une fois de l’Assemblée populaire nationale».
Concernant le choix de son parti quant à la participation au scrutin, Djilali s’est à nouveau adressé aux «opposants radicaux» en leur demandant si «le boycott était vraiment une solution ? Et quels en sont les résultats ?»
Il rappelle que malgré la campagne de dénigrement et d’attaque de ceux qui accusent le parti Jil Jadid d’avoir trahi le Hirak, Soufiane Jilali réplique que le choix de se présenter à ses élections dans un contexte difficile «était un premier pas pour trouver une solution afin de faire avancer l’Algérie et non juste décrocher des sièges au Parlement». Il précise dans ce sillage que «le choix était de transmuter l’âme du Hirak de la rue à l’intérieur des institutions, mais le manque de confiance dans le politique et les appels au boycott ont eu pour conséquence un Parlement légal, mais qui n’a pas de légitimité populaire».
Ainsi, tout en reconnaissant l’échec de son parti à atteindre le changement voulu par la majorité des Algériens, le président de Jil Jadid estime que «l’action politique ne se résume pas au résultat du jour du vote mais bien au-delà et que c’est, avant tout, «une campagne électorale, un discours, un programme et un projet politique que le parti continuera à porter». Il a également pointé du doigt ses détracteurs en déclarant que «les résultats de Jil Jadid à ce scrutin dément les attaques qu’a subies le parti sur les prétendues négociations avec les autorités pour avoir un quota au Parlement».
Interpellé sur le soutien de son parti au programme du Président de la République, Soufiane Djilali a tenu à préciser que «Jil Jadid n’a pas soutenu le programme du Président et nous n’avons jamais soutenu le programme du gouvernement, c’est là où il y a eu confusion. Nous avons soutenu une sortie de crise par des élections législatives anticipées et cela s’arrête là».
Interrogé sur la possibilité de la participation de Jil Jadid aux prochaines élections communales, le premier responsable du parti, tout en estimant qu’il est encore très tôt pour en parler, déclare que «c’est une opération vouée à l’échec dans le contexte actuel». Il explique ses propos en soulignant que «la loi électorale actuelle prévoit que pour aller aux élections locales, les listes doivent ramener autant de signatures, soit 35 signatures de sièges dans la liste. Si on doit ramener la somme des signatures qu’il nous faudrait sur l’ensemble des communes, c’est 1 million 200 000 voix, soit quatre fois plus que ce qu’a réussi à obtenir le FLN». Il estime de ce fait : «Nous nous retrouvons face à une opération impossible et vouée à l’échec parce que les Algériens ne veulent plus participer à des élections quelles qu’elles soient.» n