L’auteur de l’une des plus retentissantes affaires d’escroquerie financière des dernières décennies s’est éteint, hier, à l’âge de 82 ans dans le pénitencier fédéral de Butner, en Caroline du Nord, a annoncé
le Bureau fédéral des prisons.

Par Bouzid Chalabi
L’Américain Bernard Madoff, financier respecté de Wall Street, a été condamné, en 2009, pour avoir détourné pendant plus de quinze ans 65 milliards de dollars (58,7 milliards d’euros). Son stratagème ou fraude pyramidal dite « à la Ponzi », découvert par le biais de l’éclatement de la crise financière mondiale en septembre 2008, consistait à piocher dans les finances de ses nouveaux clients pour rétribuer ou rembourser des investisseurs plus anciens. Pour le détail, le mécanisme frauduleux était très simple puisqu’il promettait des taux de rentabilité annuelle à deux chiffres en distribuant des « intérêts » puisés, en fait, dans les capitaux apportés par de nouveaux clients. C’est ainsi que la « pyramide de Ponzi », que dirigeait Bernard Madoff, a fait plusieurs milliers de victimes mêlant simples particuliers, personnalités des affaires, de la culture et des médias, organisations caritatives, fonds de pensions et fonds d’investissement. Parmi les victimes connues figurent les acteurs Kevin Bacon et John Malkovich, le joueur de baseball Sandy Koufax, ou encore une organisation à but non lucratif cofondée par le réalisateur de cinéma Steven Spielberg. La fraude avait été révélée à l’automne 2008 aux autorités par les deux fils de Bernard Madoff, qui n’étaient pas complices, alors que la chute des marchés financiers provoquée par la faillite de Lehman Brothers incitait de nombreux épargnants à vouloir récupérer en urgence leur épargne.
Pour rappel, Bernard Madoff était considéré comme l’un des gourous de Wall Street, ce courtier américain à l’allure débonnaire était avant tout une légende aux Etats-Unis. Maître-nageur à Long Island, devenu président du Nasdaq, la prestigieuse Bourse des valeurs technologiques, il incarnait le rêve américain. En effet, Madoff avait créé son propre fonds à l’âge de 22 ans, avec 5 000 dollars de mise personnelle. Réputé intuitif, ultrarapide mais aussi très « éthique », il avait fini par s’imposer dans la communauté financière. Il avait pris la présidence du Nasdaq après en avoir révolutionné le fonctionnement, rendant ainsi son patronyme très commun.
Notons enfin que l’escroc américain souffrait depuis plusieurs années de diverses affections, notamment rénales. n