Le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN) préside, aujourd’hui, une réunion du bureau politique (BP) au siège national du parti à Hydra. A l’ordre du jour, l’examen de la situation politique du pays ainsi que les questions organiques inhérentes au parti. C’est du moins ce qui est dit officiellement. Mais, en vérité, Djemaï a convoqué expressément le bureau politique pour répondre à ses détracteurs tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du parti. Des attaques qui l’ont ciblé, à telle enseigne qu’il s’est vu contraint de rendre public un communiqué, la semaine dernière, pour clarifier sa position par rapport au panel de dialogue. En effet, la semaine dernière, une information a été relayée par un confrère arabophone évoquant la colère et le mécontentement du FLN face au refus de Karim Younès de l’associer au dialogue du panel. Cette colère était telle que le parti, tout autant que le RND d’ailleurs, avait pris la décision de geler les travaux du Parlement en ses deux chambres, l’Assemblée populaire nationale et le Conseil de la nation, selon le quotidien arabophone. L’information a vite été démentie, le jour-même, par Djemaï. Mais le patron du FLN veut être plus clair dans sa position par rapport au panel de Karim Younès et ne veut aucunement laisser le champ aux rumeurs. A plus forte raison lorsqu’il s’agit d’un sujet très sensible et sur lequel Djemaï ne cesse de s’exprimer.
A tel point qu’il ne manque pas une occasion pour soutenir le dialogue lancé par le chef de l’Etat et appeler à être associé dans toute initiative de dialogue à même de faire sortir le pays de l’ornière. Le second sujet sur lequel il compte s’exprimer, aujourd’hui, est la contestation interne au parti. Censée être amoindrie, voire étouffée, depuis son élection à la tête du parti lors d’une session extraordinaire du comité central, la contestation reprend de plus belle. Et c’est la désignation du nouveau bureau politique qui a mis le feu aux poudres. Des membres du CC qui comptent parmi les fidèles du secrétaire général, et qui l’ont de surcroît aidé à être élu à la tête du parti, ne font pas partie du BP. A défaut d’être nommés au sein de cette instance, Djemaï les a désigné conseillers auprès du secrétaire général. Ce qui a provoqué leur ire et a abouti à leur démission. Et les cas les plus patents concernent Mohamed Alioui, de l’Union des paysans algériens (UNPA), ou encore de Badji Abou Fadl, ancien membre du BP du temps de Djamel Ould Abbès. Ces derniers ont démissionné de leur poste avec fracas en rendant publics des communiqués dans lesquels ils contestent le mode de désignation du BP.
En effet, cette instance devant contenir en tout 19 membres a été allongée à 29 membres sans l’aval du comité central. Pour les contestataires, «il est question à ce niveau d’une violation pure et simple des textes du parti». Cela d’autant que Djemaï avait initialement soumis la liste des 19 membres du bureau politique au comité central pour approbation. Mais à la surprise générale, il a annoncé le lendemain du CC, un bureau politique composé de 29 membres. Ce qui a mis en colère ses détracteurs qui ont vite multiplié les contacts pour grossir les rangs de la contestation et la structurer. Aujourd’hui, à l’ouverture du BP, il aura également à dénoncer «ces pseudo contestataires qui n’acceptent pas le verdict de l’urne», nous explique un conseiller du secrétaire général.