L’ancien sélectionneur national Rabah Madjer a affirmé que ces dernières années, la FAF a marginalisé tout ce qui est local en évoquant les entraîneurs étrangers engagés par l’instance fédérale depuis plusieurs années. «C’est malheureusement un complexe», dira Madjer avant d’ajouter : «Je n’ai rien contre les entraîneurs étrangers, je les respecte, mais combien de Coupe d’Afrique avons-nous gagnées avec des entraîneurs étrangers ? Rien !», assène encore l’ancienne star du FC Porto.
«Avec cette politique (de recours aux coachs étrangers), nous ne sommes pas sortis de l’auberge», dira t-il à l’AFP. L’analyse de Madjer doit cependant être relativisée. Quand l’Algérie a gagné sa seule CAN en 1990, le sélectionneur était en effet Algérien: Feu Abdelhamid Kermali. Mais la meilleure performance de l’Algérie dans un Mondial, le 8e de finale époustouflant perdu contre l’Allemagne en 2014, s’est réalisée avec un étranger sur le banc: le Franco-Bosnien à poigne Vahid Halilhodzic. Ces derniers mois ont été marqués par une valse incroyable des entraîneurs à la tête des Verts: trois titulaires étrangers et un intérimaire algérien se sont succédé en 2016, dont Leekens qui n’aura tenu que trois mois… «A-t-on besoin d’un entraîneur étranger pour servir notre football, pour servir l’Equipe nationale ? Je ne le pense pas», tranche plus abruptement Madjer citant par exemple des noms de coaches algériens qui peuvent marquer des points chez les Verts à l’instar de Kheïreddine Madoui, Abdelkader Amrani, Adel Amrouche qui «mériteraient qu’on leur donne leur chance». «L’Algérie est une grande nation du football qui a formé de grands joueurs et de grands entraîneurs», martèle encore celui qui fut aussi sélectionneur (1993-1995). Lors du départ de Gourcuff, la FAF avait commenté : «Les techniciens de très haut niveau sont excessivement chers.» Madjer réfute cet argument et pointe du doigt la précarité du poste : «Un entraineur avait été viré après un match nul face au Cameroun…» Le Français Rolland Courbis, un temps sondé, avait refusé, déclarant plus tard : «Le contrat proposé était résiliable tous les mois pendant vingt mois ! C’est comme un contrat d’un mois renouvelable, c’est inenvisageable.» Face à l’absence de candidats après Rajevac, «on a été chercher Leekens qui avait déjà officié à la tête des Verts en 2003 avant d’être viré. Il est revenu pour sauver ces gens-là, parce qu’ils n’ont trouvé personne d’autre», tacle encore Madjer. «Je suis triste pour mon pays. Je suis triste pour le football et l’Equipe nationale de mon pays», a conclu Madjer.