La Fédération algérienne de football (FAF) a officialisé, jeudi, Mustapha Biskri en tant que nouveau Directeur technique national (DTN). L’« élu » a présenté un plan convaincant pour le Bureau Fédéral. Et s’il a donné satisfaction au sein de la FAF, Biskri ne paraît pas comme l’homme de la situation aux yeux de nombreuses personnes. Surtout qu’il ne présente pas de garanties, compte tenu de son CV dans le football circus.

Par Mohamed Touileb
Au poste, c’était vraiment du n’importe-quoi depuis quelques mois. On se rappelle même de l’éviction brutale qu’a vécue Ameur Chafik du temps où Charaf-Eddine Amara était à la tête de la FAF. « Je regrette la manière avec laquelle j’ai appris cette nouvelle, via les médias. [..] J’ai appris la nouvelle, assis dans mon bureau alors que je préparais le voyage de la sélection féminine en Afrique du Sud dans le cadre du dernier tour qualificatif à la CAN 2022 », révélait Ameur Chafik.

Siège éjectable
Comprenez donc qu’on fait et défait à ce poste sans raison ou motivation. En effet, sur le fond, il ne s’agit que de désignations éphémères et une intronisation sur un siège éjectable. Fodil Tikanouine, Rabah Saâdane, Ameur Chafik ou encore l’intérimaire Toufik Korichi, qui venait combler la vacance, se sont remplis les poches au milieu d’un vide sidéral.
Pour revenir à la désignation de Mustapha Biskri, il faut savoir qu’il était en lice avec l’ancien international algérien Kader Ferhaoui et le Tunisien Kamel Kolsi. Ainsi, les trois, qui ont satisfait à une «première évaluation avec un accompagnement et une expertise de la FIFA», comme le note la FAF, étaient finalistes parmi 17 candidatures. Les postulants étaient nombreux à croire en leur chance de partager le gâteau et se sucrer, peu importe l’amertume que connaît notre balle ronde au niveau des sélections depuis bien longtemps.

Un pedigree léger
Les mauvais résultats des différentes sélections (féminines et jeunes), sachant que la A et les A’ ne dépendent pas franchement de la DTN, confirment qu’il n’y aucun travail de fond à ce niveau. Les passations de consignes ne sont là que pour leurrer. Avant c’était du bricolage puis c’est devenu un poste fictif. Dès lors, Biskri, qui n’a pas franchement un pedigree de sauveur, devra convaincre. Le tout sur un terrain qu’il faudra déblayer.
Concrètement, on parle d’un coach qui n’a qu’un seul titre dans le championnat d’Algérie, gagné en tant qu’adjoint, en 1999, avec le MC Alger, même s’il a entraîné 14 clubs algériens au total. C’était sous la «supervision» du regretté Abdelhamid Kermali. Au niveau international, il a été un temps adjoint de Meziane Ighil sur le banc des Verts, en 2006, et a connu une expérience ratée à l’étranger au MC Oujda (Maroc) en 2008. On notera aussi 2 finales perdues en Coupe d’Algérie en 2006 et 2010.
Tout cela paraît bien trop maigre pour mettre des fondations solides et surtout en adéquation avec le football moderne. C’est comme mettre un système d’exploitation Windows 98 dans un IMac 2022. Il y a un risque considérable d’incompatibilité et de défaillance. n