Etre entraîneur n’est pas facile. Être sélectionneur de l’Algérie l’est encore moins. Djamel Belmadi vient de signer un retentissant sacre avec l’équipe nationale en remportant la Coupe d’Afrique des nations 2019 (21 juin – 19 juillet) en Egypte. Ceci n’a pas empêché des bruits de couloir de circuler faisant état d’envie de départ du driver des «Verts». Même si on voit mal cette rumeur se confirmer, Riyad Mahrez a, dans un entretien accordé au journal L’Equipe, laissé planer le doute.

Il aura accompli en moins d’une année ce que d’autres n’ont pas réussi en 29 ans. Belmadi a offert aux « Fennecs» la deuxième étoile de leur histoire après celle décrochée en 1990 sur nos terres. Une ligne au palmarès et pas n’importe laquelle sachant que même Vahid Halilhodzic, qui avait emmené l’EN à l’historique stade des huitièmes de Coupe du Monde en 2014, n’a pas pu régner sur l’Afrique.
Chez les joueurs, le successeur de Rabah Madjer fait l’unanimité. D’ailleurs, Riyad Mahrez, capitaine et vedette d’ «El-Khadra», a tenu à souligner que le coach a eu un rôle prépondérant dans la consécration africaine : «Sur le bord du terrain, il se donne autant que nous, c’est le douzième joueur. Il nous parle beaucoup, “reviens !”, “serre ici !” (rires)… Il vit le truc à fond. C’est magnifique. Il nous a redonné les valeurs et l’état d’esprit dont on avait besoin. Plus que du talent. Il fallait être une équipe, Djamel a su faire de l’Algérie une équipe. Tout le mérite lui revient.» Des propos rapportés par le quotidien français L’Equipe présent lors de la cérémonie d’honneur à laquelle le Dz a eu droit dans la mairie de Sarcelles (Paris) qui l’a vu naître.

Plus de considération… financière
Le sociétaire de Manchester City ne s’est pas contenté de ces mots. Il a aussi évoqué l’hypothèse d’un départ de l’entraîneur : «On en a discuté entre joueurs. Par rapport à ce qu’il se passe, c’est lui qui prendra sa décision et on la respectera», a lâché, telle une bombe, le Citizen. Une phrase ambigüe et qui intervient après les informations ayant laissé présager un autre départ dans l’entourage du «Club Algérie». Celui de Kheireddine Zetchi, président de la Fédération algérienne de football (FAF), qui ne serait plus en grâce auprès des autorités du pays.
Pour rappel, le patron de la FAF n’a même pas été convié au dîner d’honneur organisé par le chef de l’Etat intérimaire, Abdelkader Bensalah. Il n’a, aussi, pas eu droit à la médaille de l’Ordre du mérite attribuée aux joueurs et au staff. Belmadi semble être le chaînon qui manquait à un effectif renfermant beaucoup de qualité et de talents. Avec des émoluments à hauteur de 55 000 euros/mois, l’ancien driver d’Al-Duhail est, plutôt, bien rémunéré (5e sélectionneur africain le mieux payé à la CAN). Même si d’autres techniciens, qui ont un parcours moins brillant lors de la CAN 2019, touchent plus que lui. Le temps d’être revalorisé ? Peut-être.

Belmadi – Zetchi : pas si liés
Soyons clairs, on n’est pas en train de dire qu’il s’agit de chantage ou autre. Mais le fait d’avoir fait les preuves nécessiterait, et c’est normal, une augmentation des honoraires en plus de la prime du sacre (250 000 dollars), plus considérable que celle versée à ses poulains (200 000 dollars/élément) selon nos informations, à laquelle il a eu droit.
Cependant, lier le sort de Belmadi à celui de Zetchi et dire que le départ du deuxième emmènerait, de facto à la démission du premier est pure aberration.
En tout cas, le meilleur entraîneur de la défunte messe continentale l’a souvent répété lors de ses premières sorties médiatiques : « Même si j’étais le plan ‘’Z’’, je serais venu. C’est mon pays, il n’y a pas de calculs. J’ai signé pour 4 ans et c’est tout ce qui m’intéresse. C’est un devoir d’entraîner l’Algérie.» Le nom de Zetchi n’a pas été mentionné parmi les raisons l’ayant motivé à accepter le poste. Une déclaration qui devrait mettre fin aux spéculations. n