Et rebelote. A l’approche du mois de Ramadhan, réapparaissent les spéculateurs, les files d’attente et les remontrances des pouvoirs publics. Encore une fois, les mêmes débats d’il y a plusieurs années se répètent, avec des pénuries constatées par-ci, et la hausses des prix partout. L’heure, et c’est devenu une habitude, est aux spéculateurs montrés du doigt et à l’incapacité du gouvernement de réguler les secteurs en relation avec les préparatifs du mois sacré.
Pourtant ça ne devrait pas être comme ça. Pourtant les choses auraient du changer. Pourtant l’espoir était immense.
Le mouvement citoyen déclenché le 22 février 2019 devait signer une rupture avec tout ce qui trainait la société vers le bas. L’éveil de la cité devait réveiller les endormis et ouvrir les yeux à ceux qui ne voulaient pas regarder.
Il était clair pour tout le monde que faire oublier les turpitudes de 20 ans de règne d’un système ubuesque ne signifiait pas l’élimination de tous les problèmes. Ces derniers existaient, existent et existeront toujours. Ce qui devait s’imposer à tous, c’était de ne plus aborder le présent et l’avenir (en attendant de s’occuper vraiment du passé) avec les mêmes paradigmes d’avant.
L’heure des lamentations n’a plus sa place, et ce « constat » ne devrait pas être un simple slogan à mettre en avant lors d’une manifestation pour rentrer après chez soi, bien au chaud.
Le temps est à trouver des solutions palpables aux problèmes concrets des citoyens algériens.
L’ère n’est pas à se concentrer sur des discussions byzantines sans lendemain, alors qu’il y a de très nombreuses familles qui appréhendent, à juste titre, le mois sacré.
L’époque ne permet pas les rafistolages et les discours creux, mais, néanmoins, elle permet la recherche d’issues aux impasses constatées.
Evidemment, ces phrases écrites plus haut ne sont pas destinées à ceux qui se sont autoproclamés (nouvellement ou depuis des lustres) comme « classe politique ». Ils sont trop aphones et inertes pour espérer un quelconque écho de leur part. Ils ne sont signalés présents que lorsque du « bruit » est enregistré. Toutefois, il n’est pas question de fatalité. L’espoir est permis, mais ne peut être mis en cette « classe ». La fougue des citoyens conscients saura faire sortir les clés.