C’est «game over» pour Chérif Mellal à la tête de la JS Kabylie si l’on croit la récente décision émanant du tribunal administratif de Tizi-Ouzou qui a, via une ordonnance, prononcé sa destitution appelant au gel des activités du Conseil d’Administration (CA), et à l’organisation d’une assemblée générale le 11 février prochain. Bien qu’il faudra s’attendre à de la résistance, sur le plan légal, Mellal n’a plus de pouvoir ni son mot à dire à la SSPA/JS Kabylie.

La décision lui a été notifiée par voie d’huissier de justice. Mais ce n’est pas pour autant qu’il s’avoue vaincu. Le vent a soufflé sur le nid de Mellal qui ne compte, malgré la procédure judiciaire engagée par les membres du même Conseil d’Administration (CA) qu’il préside, pas vraiment bouger de sa place. «Je suis toujours président. Il est vrai que nous avons reçu une ordonnance de la justice, mais on compte la contrecarrer. Je vais me défendre jusqu’à mon dernier souffle (sic) car je ne laisserai pas la JSK entre les mains de voyous», a-t-il défié à la Radio Chaîne III.
Pour contre-attaquer, il a même invité Ait Mouloud, élu président du CSA/JS Kabylie en novembre dernier, «à démissionner» non sans laisser croire qu’«il n’a pas d’agrément et il a des antécédents judiciaires. Je sais qu’ils veulent se servir de lui pour m’atteindre. Je ne le laisserai pas.»

Hors du jeu dans tous les cas
Ce même Aït Mouloud avait, il y a quelques jours, haussé le ton pour dénoncer le fait que son intégration du CA n’ait pas été approuvée. «Je mets en garde toute personne qui serait derrière la tentative de bloquer mon intégration dans le conseil d’administration de la société sportive par action. Je représente et de manière légale l’actionnaire majoritaire qu’est le CSA avec 94 % des actions et je ferai appliquer la loi dans toute sa rigueur.»
Clairement, en ne détenant que 2.8% des actions, Mellal risquait d’être évincé après intégration d’Aït Mouloud. En considérant ces chiffres, le Conseil d’Administration n’est pas conforme au code du commerce, dont l’article 618 stipule que le CA doit détenir un minimum de 20 % des actions du club.
Pour plus de précision sur cette situation administrative ubuesque, Azeddine Mellal (qui n’a aucun lien avec Chérif), un des premiers actionnaires des «Lions du Djurdjura» depuis l’ère du regretté Mohand-Chérif Hannachi, a annoncé que «le CA sera dissous car il ne détient que 3 % des parts d’actions, Mellal n’est donc président de rien du tout.» Ainsi, avec ou sans l’intégration d’Aït Mouloud, Mellal sera destitué.

Le sagesse est de mise
Explications : l’intégration d’Aït Mouloud en sa qualité de représentant de l’actionnaire majoritaire peut le destituer, permet à ce dernier de le destituer. Dans le cas où Aït Mouloud n’est pas rétabli dans son droit, le CA sera considéré comme illégal et voué à la dissolution. Dos au mur, Mellal a sorti ses cartes de toujours. Fidèle à son discours régionaliste, qui a divisé les supporters mêmes des «Canaris», il a estimé que le team de la Kabylie est visé par un complot ficelé depuis… Alger. Allusion faite à Yazid Yarichène, promis à être nouveau chairman, qui l’a appelé à partir.
Ce dernier avait indiqué qu’il est disposé à mettre «un chèque à blanc mais à une condition, qu’il nous montre son bilan. Il parle de l’argent de X et Y, Qu’il justifie ce qu’il a déboursé et je suis prêt à le rembourser. Je le défie devant tous les supporters de la Kabylie. Qu’il aille au bout de ce qu’il dit.» Tout indique donc que Mellal est contraint de se rendre à l’évidence qui dit qu’il est cerné de partout. Reste à savoir dans quelle atmosphère il partira et avec quels dommages collatéraux pour l’équipe d’une région tout aussi symbolique que sensible. Le sens de la responsabilité est de mise pour toutes les personnes concernées directement, de près ou de loin, par cet épisode délicat de transition.