Le ministre du Commerce Kamel Rezzig s’est attaqué vertement à la filière ovine et aux intermédiaires qui gravitent autour les accusant même d’être sans scrupules après avoir constaté que les prix des viandes rouges ovines n’avaient pas baissé alors que, bien auparavant, les responsables de la Fédération nationale des éleveurs ovins (FNEO) s’étaient engagés à plafonner leur prix à hauteur des 800 DA kilogramme pendant tout au moins le mois de Ramadhan. Le ministre, qui s’exprimait sur sa page Facebook, après s’être rendu vendredi dernier dans la matinée au marché des fruits et légumes de Boufarik et ayant eu vent des prix pratiqués cette même journée sur les étals des boucheries de viande rouge, était outré. Comme il n’a pas caché «son regret de ne pas avoir mis à exécution son projet d’importer de la viande rouge à partir des pays du Sud. Mais pour ce dernier «ce n’est que partie remise». Ajoutant dans ce sens «tous les prétendus arguments contre cette initiative avancés par les concernés ne tiennent plus la route. Je n’hésiterais pas à donner le feu vert à l’importation afin de mettre fin au diktat des intermédiaires de la viande rouge ovine et, par ailleurs, réguler le marché du produit carné frais», a-t-il lâché. Faut-il rappeler dans ce sens que Kamel Rezig avait menacé, le 11 février dernier, les éleveurs de recourir à l’importation de bétail des pays du Sahel s’ils n’acceptent pas de baisser les prix. Notons également que le ministre s’est demandé sur sa page Facebook «où sont les 28 millions de moutons dont les maquignons et les professionnels de cette filière ont parlé ? Où sont vos promesses de vendre cette année à des prix raisonnables ?»
Pour rappel, la FNEO menée par son président Djilali Azaoui avait rencontré le ministre de l’Agriculture Cherif Omari au mois de février dernier. A cette occasion, le président avait annoncé une surproduction de viande rouge ovine. Et de commenter : «Cela commence à inquiéter les éleveurs.» Précisant également : «Les éleveurs de la steppe cèdent de nos jours leurs moutons au prix plafond de 800 DA le kilo sur pied.» Toujours selon Azaoui et à propos des prix affichés sur les étals, qui frôle parfois les 1 800 DA, soit plus du double, il dira : «Autant les éleveurs que les consommateurs subissent le diktat des intermédiaires.» Pour revenir aux menaces proférées par le ministre à l’égard des intervenants dans le marché de la viande rouge, Reporters a jugé utile de joindre le président de la FNEO. Après plusieurs tentatives, peine perdue. Du côté de la filière ovine, son responsable Bouzid Sellami, contacté par nos soins, n’a pas voulu répondre à notre question, mais s’est contenté de nous renvoyer vers Djillali Azoui.<