Dans une nouvelle instruction rendue publique, hier, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a demandé à ses ministres concernés et aux walis d’assurer « les meilleures conditions d’encadrement et de gestion des dons » provenant de la chaine de solidarité qui s’est manifestée en Algérie et à l’étranger en ces temps de crise sanitaire. Il s’agit d’apporter assistance aux particuliers, aux opérateurs économiques et aux collectifs associatifs entre autres et de les encadrer en ce qui concerne l’organisation de cette chaine humanitaire et la distribution des produits aux personnes nécessiteuses.

« Concernant les ressortissants algériens à l’étranger, les partenaires économiques de l’Algérie, les associations et Organisations non gouvernementales (ONG) étrangères souhaitant effectuer des dons, ils seront orientés vers les postes consulaires et diplomatiques qui auront pour missions de recenser ces dons et d’arrêter les modalités de leur acheminement après en avoir informé le Ministère des Affaires Etrangères», indique l’instruction du Premier ministre.
Dans ce document il est souligné par ailleurs, qu’« outre les contributions en numéraires qui seront versées sur les comptes dédiés à cet effet, les dons en nature se verront orientés en priorité pour satisfaire les besoins exprimés par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, notamment pour les matériels et équipements médicaux dont une liste est portée en annexe à l’instruction».
S’agissant des dons à l’intérieur du pays, et «après avoir encouragé les initiatives engendrées par l’élan de solidarité exprimé par l’ensemble des composantes de la société, l’instruction s’attache, précise-t-on, à définir les règles devant présider à l’harmonisation, sur le terrain, de l’action des pouvoirs publics et de tous les acteurs impliqués».
Au sujet des matériels et équipements médicaux, « tous les dons relevant de cette catégorie doivent être acheminés vers la Pharmacie Centrale des Hôpitaux (PCH) qui en assurera le stockage et la comptabilité sous la supervision du ministère de la Santé. Ce dernier communiquera aux wilayas les lieux de stockage et veillera à la distribution des dons selon les priorités nationales arrêtées», précisent les services du Premier ministre.

Respect de la dignité des personnes
Pour les autres dons en nature, « l’encadrement de l’opération de recensement de ces dons, leur stockage et leur distribution au niveau local est du ressort du wali territorialement compétent qui mettra en place un module dédié au sein de la commission de wilaya». « Les départements ministériels recevant des dons en nature doivent aviser la cellule nationale de crise à travers son module dédié qui en fixe la destination».
La distribution des dons en nature se fera, « en priorité, au profit des familles nécessiteuses préalablement identifiées au moyen du dispositif initié sous le contrôle des ministères de l’Intérieur et de la Solidarité nationale et associant les comités locaux installés conformément à l’instruction du Premier ministre précédemment émise à cet effet».
« Par ailleurs, à titre exceptionnel, le ministère du Commerce et les responsables des services de sécurité ont été instruits en vue de mettre les produits alimentaires, d’entretien et d’hygiène non périmés et ayant fait l’objet de saisie à la disposition des walis dans le cadre du même dispositif». Enfin, et « partant du constat que la distribution des dons en nature renvoie parfois des images attentatoires à la dignité des citoyens nécessiteux en provoquant des regroupements aussi anarchiques que dangereux pour leur santé, les walis ont été instruits en vue de sensibiliser les autorités locales, ainsi que toute la chaîne de solidarité impliquée, à l’effet de bannir ce genre de pratiques».
«Pour éviter toute forme de stigmatisation des personnes, des familles et notamment des enfants en situation de précarité sociale, ces mêmes responsables sont appelés à mettre fin à la médiatisation des opérations de distribution de produits».