Un individu faisant partie des 200 terroristes libérés en octobre dernier au Mali contre des otages occidentaux et, probablement, une importante somme d’argent, a été arrêté le lundi 16 novembre dans la localité frontalière de Timiaouine. Selon un communiqué de la Défense nationale, il s’agit d’El Hocine Ould Amar Ould Maghnia qui répond également au sobriquet de «Maïs».

D’après la même source, il a été appréhendé dans la localité frontalière de la région de Tamanrasset par les «services spécialisés» du MDN après «exploitation d’un renseignement» au sujet de sa présence dans cette partie extrême de la wilaya. L’homme est âgé de 32 ans, indique-t-on. Ses mouvements ont été surveillés dès son entrée en Algérie, ajoute-t-on.
«Maïs», précise-t-on encore, sans doute sur la base des informations qu’il a dû fournir aux «services» qui l’ont intercepté, faisait partie du groupe de 200 islamo-terroristes qui opéraient sous la coupe directe ou indirecte de «Jamaat Nosrat al-Islam wal-mouslimin» (JNIM) ou, en français, de soutien à l’Islam et aux musulmans, que dirige Lyad Ag Ghaly, l’ancien targui devenu «taliban» et se réclamant d’allégeance à Al Qaïda au Maghreb, filiale régionale de la franchise islamo-terroriste, dont le noyau a été fondé à la fin de la décennie 80 par Abdallah Azzam avant de mourir en 1989 à Peshawar au Pakistan.
Cet individu, dont la nationalité n’a pas été précisée dans le communiqué du MDN, mais qu’on suppose d’origine algérienne jusqu’à preuve du contraire, est le deuxième à être appréhendé et capturé par les services de sécurité. Le premier à l’avoir été dans la région de Tlemcen est le dénommé Mustapha Derrar. Ce dernier, qui a été montré à la télévision, avait affirmé faire partie du groupe d’islamo-terroristes relâchés par les autorités maliennes en échange de la libération des Italiens Pier Luigi Maccalli et Nicola Chiacchio et de la Franco-Suisse Sophie Petronin, ainsi que de l’ancien ministre et candidat à la présidentielle malienne Soumaila Cissé. Le terroriste Derrar, qui a dit dans la vidéo diffusée par la Télévision publique porter le nom de «Mustapha l’Algérien», avait également déclaré avoir rallié le groupe auquel il a appartenu en 2012 sans précision de l’endroit de son recrutement au Mali. Il avait indiqué aussi avoir été arrêté «peu de temps après» en janvier 2013 après un accrochage avec les forces maliennes, le 26 janvier 2013, puis mis en prison à une soixantaine de kilomètres de Bamako après une condamnation à perpétuité. Il est resté «sept ans et dix mois» en détention, poursuit-il, avant qu’il ne fasse partie des terroristes échangés, un groupe de «207» individus, précise-t-il, contre la libération des captifs étrangers et malien moyennant «10 millions d’euros», un chiffre qu’il rectifie en déclarant avoir entendu parler de «30 millions d’euros» destinés au «soutien» et à l’«encouragement» du terrorisme et à la «prolifération des armes».
L’arrestation du dénommé «Maïs» est, selon le communiqué du MDN, un «exploit» réalisé grâce à la «détermination» dans l’antiterrorisme. Elle constitue aussi une information et un message adressés aux parties connues et non encore connues qui ont «dealé» avec le groupe d’Ag Ghaly pour la libération des 200 terroristes. Le sens qu’il porte est que ce «deal» ne passe pas aux yeux de l’Algérie et de son armée, d’abord pour des raisons doctrinaires, sachant que l’Algérie est membre actif dans la condamnation et la criminalisation des paiements de rançon aux preneurs d’otages et aux groupes armés, notamment aux Nations unies, ensuite, parce que ce genre de transaction représente une menace à la sécurité nationale et dans la région.
La capture de «Mais», souligne le communiqué du MDN, «dévoile, sur un autre plan, des pratiques douteuses, contraires aux résolutions onusiennes incriminant le versement de rançons aux groupes terroristes».