La galerie Espace d’art contemporain (Espaco) d’El Achour abrite, depuis la soirée du 18 mai dernier, une exposition en hommage à Mohamed Larbi Merhoum. L’évènement est organisé jusqu’au 18 juin pour restituer quelques pièces des réalisations importantes de cet architecte parmi les plus brillants de sa génération. Il est proposé pour restituer aux gens de la profession et aux étudiants ainsi qu’au grand public son parcours qui culmine aujourd’hui au-delà du quart de siècle.

Sa dénomination pour le moins magnifique, «25 ans et des poussières», résume son projet désormais concrétisé par la commissaire de l’exposition l’architecte Sihem Ferhaoui : accrocher sur les murs de la galerie par des photos, des maquettes, des plans, des esquisses et autres matériaux dont sont familiers ceux dont le métier est de bâtir sur le papier des palais, des maisons, des jardins ou, que sais-je, encore, la marque d’estime qu’elle et ses pairs portent à leur collègue Mohamed Larbi Merhoum.
De la considération donc ! Elle le lui a été montrée en cette soirée de vernissage par la présence de beaux et nombreux visiteurs dont des architectes de renom comme lui, Halim Faidi, entre autres, l’éditeur Sofiane Hadjadj de Barzakh, qui éditera à la fin de l’évènement « Palabres algéroises », un livre d’entretien entre Mohamed Larbi Merhoum et un architecte d’Oran Habib Benkoula, la moudjahida Annie Steiner, l’artiste photographe Amar Bouras… D’autres encore étaient là sous les lumières de l’Espaco et qui ont animé par leurs conversations bruyantes et néanmoins agréables leur joie d’être venus témoigner leur conviviale et leur sérieuse admiration pour les « 25 ans et des poussières » que Monsieur Merhoum a passés à faire avec d’autres des plans et des caps de beauté dans cet océan de laideur urbaine et de mauvais goût architectural qui ne cesse d’ensevelir le pays depuis trois à quatre décennies, davantage sinon.
Jusqu’à perdre terre ? « Non, non », rassure Mohamed Larbi Merhoum avec le rire de l’optimiste incurable. « Des laideurs il y en a eu, certaines par l’idiotie et l’ignorance de ceux qui les ont commises, d’autres parce qu’elles portent des traces de criminalité réelle contre le paysage et le territoire, mais rien n’est perdu », insiste-t-il avec ce gros rire contagieux et ce pouce qu’il brandit comme pour dessiner un rêve : celui de « revoir l’Algérie revivre de la santé de belles forces et de sa jeunesse », poursuit-il dans un langage à la limite de la versification. « Je ne suis pas poète, un peu rêveur certainement, mais regardez autour de nous, l’Algérie bouge. Comment ne pas en être heureux ! », s’esclaffe-t-il en multipliant les poignées de main, les bises et les saluts. Un fin architecte que ce Merhoum et quelle perspective d’espoir ! A lui seul. Nous y reviendrons.