Encore une autre journée sous le signe de la hausse pour le pétrole. Au fil des séances, l’or noir s’habitue à la tendance haussière et ses prix multiplient les records sur les neufs derniers mois. Hier, le Brent de la mer du Nord confortait sa position au-dessus des 50 dollars qu’il avait atteinte en fin de semaine dernière. La référence européenne est même allée chercher les 51,19 en début de matinée, avant de revenir en arrière. Vers 16H, 50,53 dollars sur l’Inter Continental Exchange (Londres), en hausse de recul de 0,45% par rapport à la clôture de mardi. A New York, l’américain West Texas Intermediate (WTI) évoluait dans la même tendance, cédant 0,50% à 47,38 dollars.
Un léger repli pour les deux références de brut qui ne réduit en rien des gains qu’elles ont engrangés depuis le début novembre, sous l’effet notamment des annonces de vaccin anti-coronavirus et des campagnes de vaccination qui ont déjà été entamées en Russie et au Royaume-Uni la semaine dernière, puis aux Etats-Unis, lundi. Sauf que si le vaccin a eu pour effet de faire renaître l’espoir chez les investisseurs quant à une relance de la demande mondiale de pétrole, les prévisions ne sont pas les mêmes chez l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Cette dernière ne s’attend pas à pareil scénario à court terme. L’AIE a même révisé à la baisse ses prévisions pour la demande d’or noir en 2021 et elle le mentionne dans son rapport publié lundi en tablant un recul de 170 000 barils par jour par rapport aux prévisions antérieures.
L’AIE justifie sa révision à la baisse par la persistance des difficultés pour le transport aérien et une nouvelle réévaluation de la demande pour le carburant destiné aux avions. Persistance de difficultés parce que la pandémie de la Covid-19 est toujours au plus fort de sa portée virale et que les gouvernements de l’ensemble des pays de la planète ne manifestent encore aucun signe de prédispositions à rouvrir les frontières aériennes et libérer les avions.
Les prévisions de l’agence américaine sont venues dans la même logique que celle développée la veille par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Cette dernière s’emploie, toutefois, avec ses partenaires de l’alliance Opep+ à faire preuve de vigilance dans un marché qui peut basculer à tout moment dans une conjoncture où la pandémie est loin d’avoir dit son dernier mot.
Affichant, certes, leur satisfaction vis-à-vis du vaccin anti Covid-19, les pays membres de l’Opep+ ne baissent pas pour autant la garde et maintiennent vigilance et prudence comme maître-mots de leur démarche visant à protéger le marché. D’où la nouvelle réunion de l’alliance qui viendra, le 4 janvier, relayer celle tenue début décembre courant, se soldant par la décision d’augmenter graduellement la production.
Lors de ces retrouvailles en début de nouvelle année, «les pays de l’Opep+ examineront la situation du marché pétrolier mondial pour prendre la décision d’augmentation de la production si les prix se stabilisent ou dépassent 50 dollars le baril», a déclaré le ministre de l’Energie et président de la conférence de l’Opep, Abdelmadjid Attar, en marge de la 105e session du Conseil des ministres de l’Energie de l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (Opaep), tenue en début de semaine par visioconférence. n