Le candidat sous réserve à la prochaine présidentielle, Ali Benflis, président de Talaie El Hourriyet, ne veut surtout pas foncer la tête baissée dans la course.
Ainsi, le bureau politique de son parti, qui s’est réuni hier, a estimé qu’il prend acte de la convocation du corps électoral pour l’élection présidentielle, mais relève que cette convocation « ne diminue en rien la densité du brouillard qui enveloppe le champ politique national, où l’affrontement entre des cercles du pouvoir politique, dans la perspective de la prochaine élection présidentielle, fait courir au pays des risques de dérapage et l’expose à des menaces à sa stabilité et à sa sécurité nationale ». « L’élection présidentielle d’avril prochain est capitale pour le devenir de notre pays », a ajouté le BP du parti d’Ali Benflis, considérant que le pays
« est confronté à des défis multiples qui ne peuvent être relevés que par un pouvoir légitime, issu d’un scrutin régulier, loyal et transparent capable de réunir les Algériens autour d’un consensus populaire pour dépasser la crise multidimensionnelle qui affecte gravement notre pays, ouvrir de nouvelles perspectives politiques, économiques et sociales et redonner espoir à notre jeunesse en un avenir prometteur ».
Le parti d’Ali Benflis, qui a souligné que la candidature « officielle » de son président n’est pas tout à fait acquise et qu’il reviendrait au comité central de Talaie El Hourriyet de décider, incessamment, a souligné que « le pouvoir politique en place se trouve, dès lors, devant une lourde responsabilité historique, celle de donner la parole au peuple souverain pour qu’il puisse, enfin, s’exprimer librement, en garantissant la régularité du processus électoral dans toutes ses phases ». Il a ajouté que la gravité de l’impasse politique et de la crise économique et sociale actuelle commande au pouvoir politique en place de se départir de la tentation de vouloir, une fois de plus, détourner la volonté populaire et abandonner la prétention obsessionnelle à la pérennité au détriment des intérêts supérieurs de la Nation. Dénonçant « la continuité » que « prônent certaines forces politiques », Talaie El Hourriyet estime qu’elle est « synonyme de statu quo et d’immobilisme », au moment « où le changement s’impose impérativement pour le sauvetage de notre pays ». Le statu quo, avertit le parti, « ne peut qu’approfondir l’impasse politique actuelle, accroître la mainmise des forces extraconstitutionnelles sur la décision nationale, exacerber les luttes intestines au sein du pouvoir politique en place, fragiliser la stabilité du pays, aggraver la situation économique, attiser les conflits sociaux et affaiblir davantage la position de notre pays dans son environnement géopolitique ». Abordant la situation économique, le bureau politique a exprimé « sa préoccupation pour les résultats médiocres enregistrés pour l’année 2018 en termes de croissance et d’indicateurs économiques et les prévisions alarmantes pour les prochaines années, à commencer par l’année 2019 ».<